Universités fermées : les étudiants ivoiriens se débrouillent

universite fermee   2 amph Universités fermées : les étudiants ivoiriens se débrouillentuniversite fermee 2 amph Universités fermées : les étudiants ivoiriens se débrouillentAu lendemain de l’arrivée au pouvoir du camp Ouattara, les campus et cités universitaires ont été vidés de leurs occupants. Des travaux de réhabilitation de grande envergure y sont entrepris en ce moment. Pour l’heure les étudiants et les étudiantes se sont réinventés une nouvelle vie loin des facultés et des cités universitaires ; une vie qui à la longue risque de les détourner de leur vocation initiale.

Selay Marius Kouassi, Abidjan

Les universités théâtres de combats violents
Il y a juste quelques mois, lors de la « bataille d’Abidjan » opposant les forces pro-Ouattara aux soldats pro-Gbagbo, La FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire -un syndicat pro-Gbagbo), qui régnait en maître absolu sur les cités universitaires, avait affirmé qu’elle défendrait Laurent Gbagbo avec « tous les moyens nécessaires » et qu’elle ne laisserait personne le renverser aussi facilement. Les campus et les cités universitaires de la ville d’Abidjan avaient alors été le théâtre de violents combats.

Les quelques 100.000 étudiants des trois universités d’Abidjan – l’Université de Cocody, l’Université d’Abobo-Adjamé et l’Université de Bouaké à Abidjan – se sont alors retrouvés en vacances forcées. Aujourd’hui, après le retour de la paix à Abidjan, les murs des amphithéâtres et des principaux bâtiments abritant les institutions universitaires portent encore les impacts d’armes d’assauts et d’obus. Les bâtiments sont en restauration, mais la durée des travaux est inconnue. Et une grande partie de la masse estudiantine reste là encore à errer et certains étudiants s’orientent dans le secteur informel où ils cherchent à s’occuper et créer quelques revenus.

Subvenir à ses besoins
Gado Akadié titulaire d’un Diplôme d’études approfondies en Chimie, obtenu à l’Université de Cocody-Abidjan et en instance de soutenance d’une thèse de Doctorat dans la même discipline, est devenu gérant d’une cabine de téléphone cellulaire à plein temps depuis la fermeture des facultés et cités universitaires. « Un emploi de cadre dans une entreprise de fabrication de produits chimiques est ce dont j’ai toujours rêvé. Hélas ! J’exerce à présent dans un secteur où je n’applique rien de tout ce que j’ai appris en faculté. C’est dommage », regrette Gado.

Tout comme Gado, Stéphane Tanoh est étudiant, titulaire d’une licence de Philosophie et inscrit en année de Maîtrise et par ailleurs ancien pensionnaire de la cité universitaire d’Abobo 2. Stéphane est devenu blanchisseur malgré lui, pour subvenir à ses besoins : « En cité universitaire, c’est la bourse d’études que je percevais qui me permettaient de vivre et de subvenir à mes besoins sans avoir à faire de petits boulots. Et depuis, plus de bourse. En attendant de trouver un travail de mon choix, il me faut bien trouver de quoi faire pour joindre les deux bouts. Je ne peux m’asseoir là à attendre une hypothétique aide ».

« Qui n’apprend pas désapprend! »
« Comparé à celui des étudiants notre sort est peut être enviable, puisque nous percevons toujours notre salaire mais cette crise politico-académique nous affecte également, parce que les universités sont fermées pour tous. Nous ne pouvons avoir accès aux bibliothèques et centres de recherches qui s’y trouvent. C’est regrettable », explique Dr. Mathieu Kouadio, enseignant à l’Université de Cocody-Abidjan.

Il ajoute : « Vous savez, qui n’apprend pas désapprend ! Cette fermeture prolongée des facultés et cités universitaires aura nécessairement un impact sur le rendement des étudiants dont la plupart risque de se tourner vers des petits métiers pour pouvoir survivre et de ne plus reprendre le chemin de la faculté, si tout reprend ».

A quand la réouverture ?
« La priorité de l’heure n’est pas à la réouverture des campus et cités universitaires. Il faut nettoyer l’université de ces déchets et y créer un climat sain et propice aux études pour les étudiants et leurs maîtres ». Voici ce que répond Cissé Bacongo, le Ministre de l’Enseignement Supérieur, lorsque invité sur le plateau du journal télévisé du soir, un journaliste lui demande quand ouvrira l’université exactement.

Le Ministre est resté évasif, augmentant inquiétudes et incertitudes chez les étudiants et les parents d’étudiants. C’est l’avis de Donatien N’srouan, un parent d’étudiants dont trois enfants fréquentent l’Université de Cocody-Abidjan : « Le ministre ne doit pas chercher à éluder la question, il doit nous situer. Ne pas savoir quand nos enfants reprendront le chemin de l’école augmente notre stress au fur et à mesure que les jours passent ».

En attendant la réouverture des facultés et cités universitaires, les étudiants se cherchent. beaucoup d’entre eux ont rangé leurs livres au placard, peut-être pour toujours.

Source: RNW.nl

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Commentaires

Kanidjo dit :

– Etudiants ivoiriens : les sacrifiés de http://t.co/D7ShEeRL

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