Sortie de crise/Colonel Aké Yaba Marc : “ NOUS ALLONS FAIRE LA GUERRE AUX VÉHICULES AUX IMMATRICULATIONS FANTAISISTES ”

colone ake yaba marc Sortie de crise/Colonel Aké Yaba Marc : “ NOUS ALLONS FAIRE LA GUERRE AUX VÉHICULES AUX IMMATRICULATIONS FANTAISISTES ”Le président de la Commission de recherche et de restitution de biens, le colonel Aké Yaba Marc, crie sa colère contre des Forces républicaines de Côte d’Ivoire et invite la population à déclarer ce qu’elle a perdu. Mon colonel, quel est le rôle de la Commission de recherche et de restitution de biens (Crb) dont vous êtes le président ?

Comme son nom l’indique, la Commission de recherche et de restitution de biens est chargée de rechercher les biens que des individus ou groupes d’individus ont perdus dans le cadre de la crise post-électorale et de les leur restituer. J’entends par biens tout ce qui est meubles, immeubles, véhicules, plantations et autres. La Côte d’Ivoire sort d’une situation extrêmement difficile à la quelle les Ivoiriens n’étaient pas préparés. Beaucoup ont subi des traumatismes. Certains ont perdu la vie, d’autres des biens, d’autres encore ont vu leurs véhicules, maisons, plantations et autres arrachés par des gens en armes.

Notre mission consiste à approcher ces personnes qui usent illégalement de ces biens afin de les récupérer et les restituer à leurs propriétaires.

Quand a-t-elle été créée ?

La Commission a été créée il y a quatre ou cinq mois maintenant. Au départ, nous étions localisé au Golf hôtel. Je dirais même qu’elle est née en pleine crise post-électorale où nous avons reçu beaucoup d’appels de personnes en détresse, où des familles entières faisaient l’objet de massacre. Cela a poussé à mettre en place un call center pour recenser et activer les éléments qui étaient sur le terrain pour apporter secours à ces personnes. Mais au-delà, il y avait un phénomène qui avait commencé à prendre de l’ampleur, c’était le pillage systématique des biens. Alors, le directeur de cabinet du Premier ministre a dit que le rôle de la Commission ne va plus se limiter à recevoir des appels et secourir les personnes en détresse, mais qu’il va s’étendre à la constitution des dossiers, la recherche et la restitution des biens. L’ex ministre Tuo Fozié est le coordonnateur de cette opération.

Comment la population vous saisit-elle en cas de besoin ?

Les personnes concernées peuvent se rendre directement à l’Ecole de police où nous sommes basés.

Elles peuvent aussi téléphoner aux numéros suivants :

  • 01 13 75 40 (cette ligne est permanente, c’est-à-dire qu’elle fonctionne tous les jours 24 h/24).
  • Mais il y aussi le 40 29 13 65
  • ou le 08 19 54 10
  • ou le 57 93 23 77
  • ou encore le 40 75 38 83.

Les personnes victimes de braquage, qui ont vu leurs biens arrachés, qui subissent des exactions quelconques, qui ont leurs maisons, leurs terrains, leurs plantations, leurs hôtels etc. occupés, peuvent nous saisir.

Dans la nuit d’hier à aujourd’hui (samedi 9 au dimanche 10 juillet. Ndlr), par exemple, des personnes en armes ont fait une descente dans un domicile dans une commune d’Abidjan et ont enlevé le chef de famille. Les voisins de cette personne m’ont saisi et j’ai saisi le poste de commandement (Pc) Minos sis au ministère de l’Intérieur qui a la possibilité de toucher tous les Gt d’Abidjan (Ndlr : groupements tactiques). Ce Pc travaille également avec les commissariats, les postes de gendarmerie occupés par les Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) pour que la recherche soit lancée. Mais nous avons aussi des unités qui font ce travail.

Votre mission se limite-t-elle dans le temps ?

Bien entendu. D’autant que les vraies institutions vont se mettre en place. Notre Commission a été créée pour gérer les urgences de l’après- crise. Mais lorsque les postes de gendarmerie et les commissariats seront fonctionnels (ce qui a déjà commencé), nous allons transmettre à qui de droit les dossiers dont nous avons été saisis et ils verront comment dédommager les concernés. Mais en attendant, nous restituions les véhicules et autres biens retrouvés selon notre mode opératoire.

Quels sont les documents qu’il faut présenter à vos services?

Je prends le cas le plus récent qui s’est déroulé à Dabou où une société a vu sa plantation occupée par des gens. Elle est venue avec ses documents, des protocoles d’accord signés avec la population qui lui donnait le droit d’occuper cet espace, des documents de justice. La Commission a alors dépêché un officier de police judiciaire sur les lieux pour constater les faits et entendre des témoins. A partir de là, un procès-verbal va être dressé que nous allons joindre au récépissé de déclaration. Nous demanderons, par la suite, à la société de commettre un huissier à faire un constat que nous allons joindre à notre dossier. Quand le dossier est prêt, nous entrons en contact avec les occupants actuels de la plantation pour leur dire qu’ils n’ont pas le droit d’occuper la parcelle en question. Cela entre dans le cadre des crimes économiques et ces personnes qui occupent frauduleusement cet espace peuvent être poursuivies.

Autre exemple. Nous avons été saisi par quelqu’un qui se plaignait que des Frci occupaient son hôtel à Agboville. Il nous a présenté tout un dossier et évalué les préjudices qu’il a subis. Nous avons dépêché une unité sur place pour discuter avec les occupants de l’hôtel. Avec l’appui des autorités locales, ils ont décidé de le libérer. Il y a bien d’autres cas de ce type que nous sommes en train de régler.

D’ailleurs, je voudrais saisir vos colonnes pour demander aux vraies Frci, mes frères d’armes, de nous aider dans ce domaine de recherche et de restitution des biens arrachés à leurs propriétaires. Qu’ils comprennent que la crise est effectivement finie, que la Côte d’Ivoire doit aller de l’avant et qu’il n’est pas bien de s’adonner à des actes qui blessent encore les Ivoiriens. Du fait de ces actes, beaucoup sont déçus des Frci. Il ne faut pas que nous sabotions l’action du Président Alassane Ouattara dont l’objectif premier est d’offrir aux Ivoiriens une Côte d’Ivoire où il fait effectivement bon vivre. Il faut plutôt l’aider à la construire, à donner l’espoir aux Ivoiriens.

Vos services sont-ils confrontés à des résistances ?

Ah, oui! Je vais vous donner un seul exemple. Nous avons pris un véhicule qui avait été arraché à un particulier. Nous l’avons amené sur notre site (Ecole de police) où sont stationnés tous les véhicules récupérés en attendant que leurs propriétaires viennent les récupérer. Mais des gens sont venus en grand nombre, très armés, et ont repris la voiture en question. Vu qu’ils étaient plus armés et plus nombreux que nous, j’ai demandé à mes éléments de ne pas réagir au risque de faire d’autres morts dont la Côte d’Ivoire n’a plus besoin. Et nous les avons laissés faire, impuissants. Je crois que cela n’est pas civique de la part de ces gens qui se disent militaires. Car s’ils en étaient de vrais, ils se seraient présentés à l’autorité que je suis. Ils auraient donné certaines explications et nous aurions certainement réglé le problème autrement que par la force. Mais ils nous ont totalement ignorés, ils ont pris le véhicule et sont repartis. Je me suis senti nargué, mais cela fait partie de la vie. Encore que ma mission n’est pas d’en rajouter à la douleur des Ivoiriens, bien au contraire. Nous aurions pu riposter d’autant que les éléments qui sont avec moi ont aussi combattu. Mais à quoi serviraient d’autres tueries ? J’ai mal au cœur que des frères d’armes s’adonnent encore à des actes répréhensibles. Si ce sont vraiment eux, alors qu’ils mettent fin à cela. La crise est terminée.

Pourtant vous les avez identifiés.

Absolument.

Comment résolvez-vous de tels cas ?

Que voulez-vous que je fasse ? Je suis pratiquement impuissant devant de tels agissements. Tout ce que j’ai fait, a été de saisir qui de droit.

Qu’entendez-vous par qui de droit ?

Qui de droit, c’est mon supérieur. Il y a des autorités qui nous ont investi de cette mission, ce sont elles que j’ai saisies. Non, nous n’allons pas jeter la pierre à qui que ce soit. Je me réjouis que de nouvelles autorités soient nommées maintenant à la tête de l’armée. Ces autorités sont légales et je pense qu’elles prendront leurs responsabilités pour que ceux qui ne sont habilités à porter des armes ou des tenues militaires ne les portent plus et que les vrais militaires rentrent en caserne. Cela va apporter une clarté dans notre milieu et faciliter notre tâche. Je me réjouis d’autant de ces nominations que le chef d’état-major général des Frci, le général de division Soumaïla Bakayoko, et moi sommes de la même promotion et amis. Je compte d’ailleurs l’approcher pour qu’ensemble, nous trouvions une autre approche pour aider les Ivoiriens à retrouver les biens qui leur ont été arrachés.

Mais je dois aussi avouer qu’il y a d’autres éléments des Frci qui sont défendables. Il y a eu, à un moment donné, un besoin de moyens de mobilité. Cela peut se comprendre. Mais aujourd’hui, ce besoin n’est plus d’actualité, puisque la guerre est finie. Aujourd’hui, on a mis des gens par zone. On n’a plus besoin d’autant de véhicules. Je pense que les chefs des groupements tactiques peuvent savoir le nombre dont ils ont réellement besoin pour la mission de sécurisation de leur environnement. Mais s’agissant des autres véhicules qui sont détenus par leurs éléments qui, apparemment, paradent dans les rues, je dis qu’il faut les déposer pour qu’on les remette à leurs propriétaires. Cela va apporter un plus à l’apaisement et à la réconciliation. Que les commandants des groupements tactiques nous aident à récupérer les biens des gens et à les leur remettre. Il y va de notre crédibilité. Pour les véhicules administratifs, on peut comprendre. Mais pour ceux des particuliers, je dis qu’il faut les restituer.

Finalement, quels rapports entretenez-vous avec les commandants des groupements tactiques ?

Nous nous connaissons, puisque ce sont des militaires. Je suis entré en contact avec eux. D’ailleurs, je suis en train d’installer des sous-sections de recherche de véhicules par groupement tactique à Abidjan. Heureusement, ils sont disposés à nous aider dans ce sens. Et je crois qu’avec leur collaboration, notre action sera plus efficace. Ainsi, le mercredi prochain (13 juillet), nous allons installer deux sous-sections à Abobo. Je voudrais souligner les efforts du commandant Dja Gao.

A San Pedro, nous avons été interpellés pour y installer une sous-section. Et les demandes en provenance de l’intérieur du pays sont de plus en plus fortes.

Quel bilan, à mi-parcours, de votre mission ?

Nous avons un bilan relativement satisfaisant en termes de déclarations. A ce jour, nous en avons enregistré près de 3 000, en majorité des grosses cylindrées. Quand nous faisons un petit calcul, nous estimons à au moins 30 milliards de Fcfa leur coût. Si l’Etat doit donc procéder à des dédommagement, c’est donc au moins cette somme qu’il lui faudra débourser.

Mais pour l’heure, nous avons restitué environ 500 véhicules. Tandis que nous en avons aujourd’hui près de 95 dans notre parc, qui attendent leurs propriétaires. (Hier lundi 11 juillet, le colonel Aké nous a confié par téléphone que trois taxis-compteurs ont été retrouvés et récupérés. Ndlr). Nous avons demandé à la Sonatt (qui est notre partenaire et qui restitue aussi des véhicules) de nous sortir les noms de leurs propriétaires. A partir de là, les propriétaires de 48 véhicules ont été identifiés et nous allons les convoquer par voie de presse pour qu’ils viennent les récupérer.

Il y aussi des véhicules que nous retrouvons totalement en pièces détachées dans des garages. Dans ce cas, nous ne faisons que récupérer les numéros des châssis et nous en informons les propriétaires.

Que paye-t-on pour déclarer ou récupérer un véhicule, par exemple ?

Cette question renvoie à nos moyens de travail et nos difficultés d’ordre logistique et financier. Au départ de la mission, la Primature nous a équipés de matériel de travail et d’une petite enveloppe pour pouvoir remorquer les véhicules que nous trouvons et qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent plus rouler. Nous en avons trouvé certains sans moteur, d’autres sans pneus, d’autres encore sans batterie. Ceux-là, il faut les remorquer, ce qui tourne autour de 20 000 Fcfa par véhicule. Au bout de sept véhicules remorquées, le fonds qui a été mis à notre disposition a été épuisé. Nous avons été confrontés à des difficultés financières que nous devons résoudre. Ainsi, nous avons demandé que pour la déclaration d’un véhicule, l’on paye 2 500 Fcfa, pour le verrouillage, on paye 15 000 Fcfa à la Sonatt. Et quand le véhicule est retrouvé et remorqué jusqu’à notre parc que nous faisons garder, il faut payer 50 000 Fcfa pour le retirer. Pour ceux non remorqués, on paye 15 000 Fcfa.

Mais si le véhicule est retrouvé dans une localité et que l’on a besoin de le remorquer, nous n’avons pas de moyens pour le faire. Alors, nous en informons le propriétaire, évaluons le coût du transport et lui demandons une contribution.

Quels sont les cas les plus réguliers pour lesquels vous êtes saisi ?

Les véhicules viennent en premier, suivent les plantations et les maisons.

Le siège d’un quotidien de la place, Notre Voie, pour ne pas le citer, est occupé par des Frci. Que faites-vous de ce cas précis ?

Notre Commission n’a jamais été saisie de ce cas. Je l’ai appris par voie de presse. Or, nous ne nous autosaisissons pas de telle ou telle affaire. Il faut absolument nous saisir pour que nous en parlions avec le commandant de groupement tactique de la zone où le bien se trouve.

Pour autant, je pense que tous ces problèmes pourront se régler d’eux-mêmes quand nous allons encaserner les vraies Frci. On verra alors qui sera sur le terrain.

Il y a donc urgence à encaserner les Frci.

Oui, il y a urgence. Et je pense que mon ami et frère, le général Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major général, s’y attellera.

Qu’en est-il des personnes mortes ou disparues dans le cadre de cette crise ?

Je m’incline devant leurs mémoires, mais notre Commission ne s’occupe pas de ces cas-là. Néanmoins, si quelqu’un se trouve aujourd’hui menacé et nous saisit, nous lui apporterons secours.

Une information indique que le parc national Mont Pékou, dans le département de Duékoué, est occupé par des hommes en armes. En êtes-vous informés ?

Seulement par voie de presse. C’est pour cela qu’il faut que l’Etat nous aide à avoir des sections partout sur le territoire national. Si l’Etat veut que les Ivoiriens lui fassent confiance, qu’ils se mettent ensemble pour travailler à sortir la Côte d’Ivoire de cette situation, il faut qu’il nous aide à installer des sous-sections de la Commission recherche et de restitutions des biens partout dans le pays. Ainsi, par exemple, l’unité de Duékoué pourrait être saisie du cas que vous évoquez.

Aujourd’hui, de nombreux véhicules circulent encore sans immatriculation. Cela gêne certainement votre mission.

Tout à fait. Aujourd’hui, il y a pire. Tous les véhicules ont des immatriculations CH ou W. Je vends la mèche que dans la semaine, nous allons les traquer. Et ceux qui n’ont pas une autorisation de notre Commission seront ramenés à notre base. Tout le monde sait que ce sont des véhicules arrachés pour la plupart. Nous allons faire la guerre aux véhicules aux immatriculations fantaisistes. Normalisation de la situation oblige, ils doivent en avoir de normales. Il en est de même des véhicules administratifs volés. Ils sont tous en CH aujourd’hui. Nous en avons saisi le commandant Kalou qui gère le parc administratif qui va nous aider. Avec sa collaboration, nous allons retrouver ces véhicules. Nous en avons déjà pris beaucoup dans des garages.

Mon colonel, vous savez bien qu’il y a des chefs militaires, des commandants de groupements tactiques qui roulent dans des véhicules sans immatriculation ou avec les immatriculations fantaisistes.

Nous le savons. Une solution est en train d’être trouvée à cette situation. Chacun doit comprendre que dans un pays civilisé, où l’Etat fonctionne, il n’est pas normal que l’on trouve des véhicules sans plaque en circulation ou que tout le monde roule dans des véhicules aux immatriculations fantaisistes. Il faut mettre fin à cela. Mais ma plus grosse douleur est que des garagistes se font complices de vol de véhicules arrachés en les désosser systématiquement. C’est pourquoi je lance un appel à témoins. Que tout sachant nous saisisse sur la présence de véhicules suspects dans les garages et nous allons réagir. Il n’y a pas longtemps, les Frci, la Licorne et l’Onuci nous ont aidés à récupérer une dizaine de véhicules dans un garage à la casse d’Abobo que les mécaniciens étaient en train de les démonter. C’est le lieu de dire que si l’Onuci et la Licorne nous appuient dans cette action, nous serons plus efficaces face à des gens qui sont puissamment armés. Nous avons souvent arrêté des gens à bord de véhicules qui ne leur appartiennent visiblement pas. Mais ils ont appelé des gens armés qui ont vite encerclé nos éléments et sont repartis avec les véhicules. C’est pour cela que je dis que l’Etat doit prendre ses responsabilités pour soulager les Ivoiriens qui sont fatigués de cette situation.

Est-ce que votre mission couvre les biens perdus depuis 2002 dans les ex-zones centre, nord et ouest (Cno) ?

Depuis 2002, il faut reconnaître que rien n’a été fait dans ce sens. Faut-il que notre Commission recense les cas de cette année ? Les gens sont-ils encore en mesure de fournir des pièces justificatives ? Car le tout n’est pas de dire que l’on a perdu tel ou tel bien, encore faut-il le prouver. Vous savez, quand quelqu’un vient nous dire que l’on a pillé son magasin, par exemple, nous envoyons des gens pour constater que cela a été effectivement le cas. Puis on convoque la personne que l’on entend sur procès-verbal (Pv) que l’on joint à la déclaration. En outre, on lui demande de s’attacher les services d’un huissier de justice pour aller constater les faits. Le rapport de l’huissier est alors joint à notre dossier pour servir devant les juridictions. Mais est-ce que depuis 2002 les Ivoiriens ont pris cette disposition ?

Je ne vous apprends rien quand je vous dis qu’il y a dans les ex-zones Cno des maisons qui sont encore occupées par des personnes autres que leurs propriétaires.

Je suis bien d’accord avec vous. Je suis au courant de cette situation. Car j’ai des parents et amis qui sont dans ce cas. C’est pour cela que je dis encore une fois que l’Etat doit prendre ses responsabilités. Et cela ne sera possible que quand nous allons entrer dans la phase de la normalité. Dans ce cas, nos forces régaliennes joueront pleinement leur partition. Quand un gendarme voit quelqu’un à bord d’un véhicule à immatriculation fantaisiste, il va forcément l’arrêter et faire ce qu’il faut. C’est la raison pour laquelle je dis que la mission de notre Commission doit être progressivement transférée à des structures qui existent déjà ou alors que l’on crée des sous-sections dans les préfectures, les sous-préfectures et grandes villes pour gérer ces questions importantes. Il est inadmissible que des gens gardent par devers eux les biens de particuliers et prétendent que c’est un butin de guerre. Le butin de guerre, c’est l’Etat qui le donne et non les particuliers. Vous avez rendu service à la nation, à vos parents, à vous-même, il n’y a pas de raison que ce soit un autre qui paye. Je lance un appel aux commandants de groupements tactiques pour qu’ils se mettent au-dessus de ces considérations et demandent à leurs jeunes gens de déposer les véhicules des particuliers. Car ils ne pourront pas faire de mutation tant que la Commission n’aura pas fait de mainlevée. Moi, ma maison a été pillée pendant que j’étais au Golf. J’ai suivi la procédure de déclaration, constitué un dossier et j’attends. Si demain, l’Etat veut me dédommager, je le présenterai. Pour les cas de 2002 donc, je crois que ceux qui ont encore leurs maisons, leurs terrains occupés, on pourra le constater. Je pense que l’on peut faire une ouverture dans ce sens. Mais pour les véhicules, je ne sais pas si l’on peut encore en trouver une trace.

Interview réalisée par

Pascal Soro

Source: Fraternité Matin

CIVVR avatar 1402139190 96x96 Sortie de crise/Colonel Aké Yaba Marc : “ NOUS ALLONS FAIRE LA GUERRE AUX VÉHICULES AUX IMMATRICULATIONS FANTAISISTES ”

Site indépendant sur le processus de Vérité et réconciliation en Côte d’ivoire

CIVVR – who has written posts on Vérité et réconciliation Côte d'Ivoire.


Recherches ayant amené à cette page:

  • ake yaba marc

You may also like...

Commentaires

Google+