[REUTERS]Vidéo F24 Laurent Gbagbo incarcéré au centre de détention de La Haye

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La Cour pénale internationale avait délivré mardi un mandat d’arrêt contre l’ex-président ivoirien. Laurent Gbagbo a été transféré aux Pays-Bas cette nuit. Il est le premier ex-chef d’État à être remis à l’institution judiciaire internationale.

REUTERS - L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a été transféré mercredi de Côte d’Ivoire vers le centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye sur la base d’un mandat d’arrêt délivré il y a quelques jours.

Il est le premier ancien chef d’Etat à être ainsi remis à l’institution judiciaire internationale depuis la création de la CPI en 2002.

Un avion transportant l’ex-président est arrivé à l’aéroport de Rotterdam dans la nuit, a constaté un journaliste de Reuters. Laurent Gbagbo a ensuite été conduit jusqu’au centre de détention de La Haye.

La CPI, qui a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du président soudanais Omar Hassan al Bachir accusé de génocide au Darfour et enquête sur des crimes de guerre présumés au Kenya, en Libye et en République démocratique du Congo, n’a pas encore fait connaître les charges retenues à l’encontre de Gbagbo.

La Cour a autorisé début octobre l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels crimes commis entre les partisans de Gbagbo et ceux de l’actuel président Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire durant la guerre civile ayant suivi l’élection présidentielle de novembre 2010.

Selon le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, le conflit a fait au moins 3.000 morts et 520 personnes ont été détenues de manière arbitraire durant cette période.

La guerre a pris fin avec la capture le 11 avril à Abidjan de Laurent Gbagbo et son placement en résidence surveillée à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire.

De là, l’ancien président a été conduit mardi par hélicoptère vers une destination secrète, puis transféré dans un avion qui s’est envolé pour Rotterdam, a-t-on précisé de sources militaires.

Son extradition intervient à moins de deux semaines des élections législatives du 11 décembre.

« Une manœuvre »

Selon Toussaint Alain, un des conseillers du président déchu, ce transfert n’est qu’une manoeuvre désignée à liquider politiquement Laurent Gbagbo.

Le procureur Moreno-Ocampo a délivré son mandat d’arrêt international le 23 novembre 2011, a-t-il précisé.

« A un peu plus d’une semaine des élections législatives en Côte d’Ivoire, (ce transfert) risque d’attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front populaire ivoirien (FPI) » de l’ex-président, a déploré Lucie Bourthoumieux, l’un des avocats de l’ancien chef de l’Etat, dans un communiqué diffusé à Paris.

Justin Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo interrogé en Côte d’Ivoire, a quant à lui dénoncé « un acte grave » que les Ivoiriens n’accepteront pas.

Le FPI boycotte les législatives pour protester contre la détention d’un grand nombre de ses partisans.

Les miliciens qui soutenaient Laurent Gbagbo ont pour la plupart pris la fuite, déposé les armes ou choisi de se cacher, mais la colère de la population, en particulier dans l’ouest du pays traditionnellement favorable à l’ancien président, peut éclater à tout moment.

Le mandat d’arrêt de la CPI « rappelle aux dirigeants ivoiriens que personne ne doit être au-dessus des lois », s’est félicité Human Rights Watch, qui rappelle que des exactions ont également été commises par le camp d’Alassane Ouattara.

« Les efforts déployés pour traduire en justice ceux qui ont combattu dans les forces fidèles à Ouattara sont également essentiels », ajoute Elise Keppler, conseillère juridique du mouvement de défense des droits de l’homme, dans un communiqué.

En septembre dernier, Alassane Ouattara avait annoncé que Laurent Gbagbo serait jugé par la CPI.

L’ex-chef de l’Etat et son épouse ont été inculpés le 18 août de crimes économiques. Les charges retenues sont « infractions économiques, vol aggravé, pillage, détournement de fonds publics ».

« Il sera jugé bien sûr en Côte d’Ivoire pour les crimes économiques dont il a déjà été inculpé, et il sera également jugé par la Cour pénale internationale, à notre demande, pour que le procès soit transparent », avait dit Alassane Ouattara sur TF1.


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