Réconciliation,Où va-t-on ? (Nord-Sud)

Les initiatives pour remettre le processus de réconciliation nationale, en panne, sur les rails, ne cessent de se multiplier. Mais, les résultats escomptés, se font toujours attendre.

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C’est un secret de Polichinelle. Le processus de réconciliation est en panne sèche. Et, les différentes tentatives pour le remettre sur les rails n’ont jusque-là pas donné de résultats probants.

Pis, les menaces de déstabilisation tant annoncées qui se sont notamment traduites avec l’attaque des positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) n’ont pas arrangé les choses. Puisque que la paix est encore fragile. Elles ravivent surtout les souvenirs douloureux de la crise postélectorale.

«Dans la quête de la réconciliation, il ne nous faut pas donner le nom de brebis aux loups. Ce serait une grave erreur que de vouloir masquer la nature réelle des composantes de notre société et de vouloir faire avec. Les partis d’opposition existent, il faut parler avec eux et traiter le Fpi comme il le souhaite, c’est-à-dire comme une organisation qui veut en découdre militairement »,

avait déclaré Félicien Sékongo, un cadre des Forces nouvelles, dans un entretien qu’il nous a accordé, le 3 septembre. Un discours qui provoque une crise d’urticaire aux frontistes qui accusent le régime Ouattara de vouloir les éradiquer.

«On veut nous prendre comme des boucs-émissaires, présenter le Fpi comme le mauvais perdant, comme l’empêcheur de tourner en rond, comme des hommes et des femmes qui sont contre la paix en Côte d’Ivoire, or c’est tout à fait le contraire que nous pensons»,

rétorque Sylvain Miaka Ouretto, président par intérim du Fpi. L’ambiance est donc devenue plus délétère, que celle qui a prévalu au lendemain de la crise postélectorale. Une situation qui inquiète plus d’un, au nombre desquels, Charles Konan Banny.

« J’attends du chef de l’Etat, président de tous les Ivoiriens, qu`il prenne des initiatives en ce sens »,

avait-il confié à l’Afp. Même si Alassane Ouattara s’est dit disposé à intervenir, que peut-il vraiment changer puisque ce ne sont pas les initiatives qui manquent ?

La multiplicité des actions

En l’absence de visibilité, aussi bien dans le travail confié à la Cdvr, que dans le dialogue pouvoir-opposition, de bonnes volontés ont décidé de tenter leur chance. C’est notamment le cas du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, du médiateur de la République, N’Golo Coulibaly et du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko.

Tout en étant membre de la délégation gouvernementale chargée de discuter avec les partisans de Laurent Gbagbo, organisés en partis politiques, M. Bakayoko ne se prive pas de tenter des actions informelles. C’est dans ce cadre qu’il a rencontré, samedi dernier au Baron-bar de Yopougon, des ‘’jeunes patriotes’’.

Contre une insertion dans le tissu économique, le ministre Bakayoko a encouragé ces anciens compagnons de Charles Blé Goudé, à aller à la paix.

Lundi, à son cabinet, il a également rencontré des chefs traditionnels venus de Tabou, une localité réputée être le terreau des pro-Gbagbo, tentés par des manœuvres de déstabilisation. Mais manifestement, l’activisme du ministre Bakayoko qui enchaîne les rendez-vous, n’est pas du goût de tout le monde, notamment au Fpi et à la Cdvr.

« Certains sont tentés par le désir de nous contourner mais, s’ils s’aventurent à discuter individuellement avec nos camarades, ils auront fait fausse route. Les seuls interlocuteurs capables de répondre d’un engagement au nom du président Laurent Gbagbo, c’est ceux à qui il a confié la direction de son parti »,

fulmine un baron du Fpi de Yopougon.

Même s’il ne partage pas forcément cette analyse, un proche collaborateur du président de la Cdvr a, lui, appelé à une meilleure coordination des démarches allant dans le sens de la réconciliation.

Une exhortation reprise, hier à son compte par Franck Kouassi, le porte-parole de Charles Konan Banny.

« Le président de la Cdvr voudrait vivement encourager toutes les volontés et les initiatives en la matière. Il souhaite par conséquent, que nos efforts conjugués pour la cohésion nationale soient perçus, comme des efforts cohérents, ordonnés, additionnels et non concurrentiels».

Marc Dossa

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