Réactions à l’interview de l’Express : Ouattara veut « protéger les minorités »
La phrase : « il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du nord, soit 40% de la population étaient exclues des postes de responsabilité» tirée de l’interview du président Alassane Ouattara donnée au journal français L’Express le 27 Janvier 2012 a déchaîné une série de réactions dans les journaux de l’opposition. Les voici compilées.
Notre Voie: Tribalisation de la vie politique: Les propos dangereux d’Alassane Dramane Ouattara
Chassé le naturel, il revient au galop. Cette maxime convient à la situation d’Alassane Dramane Ouattara, l’actuel chef d’Etat ivoirien. Un homme qui n’arrive visiblement pas à se défaire de son corset de tribaliste. Il est toujours prêt à instrumentaliser les différences ethniques pour assouvir ses ambitions politiques. Tentant de justifier les nominations exclusionnistes et régionalistes qu’il effectue dans l’administration publique et l’armée, il tient ces propos graves :
« il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du nord, soit 40% de la population étaient exclues des postes de responsabilité».
Confie-t-il au journal français l’Express. Au-délà des contrevérités concernant la gouvernance Gbagbo, on se demande pourquoi Ouattara adore tant utiliser son ethnie pour justifier ses choix et ses déboires politiques. Sous Bédié, il a soutenu «qu’on ne veut pas que je sois candidat parce que je suis musulman et du nord».
Un appel au ralliement des gens du nord et des musulmans à sa cause. Le 24 décembre 1999, Bédié est évincé par un coup d’Etat orchestré par des soldats proches de Ouattara du temps où il était Premier ministre. En septembre 2002, un groupe de soldats tous originaires du nord et proches de Ouattara déclenchent une rébellion armée avec l’appui de soutiens étrangers dont le Burkina Faso. Il est faux de dire que Gbagbo a exclu les communautés du nord des postes de responsabilités.
Qui a oublié, par exemple, que sous lui, les présidents de l’Assemblée nationale, du Conseil économique et social, de l’Inspection générale d’Etat, de la Grande Chancellerie, étaient tous des originaires du nord. En Côte d’Ivoire, il y a une soixantaine d’ethnies, celles du nord ne sont pas les seules. Sous Gbagbo, la recherche de la symbiose et la cohésion antionale était un souci. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui et c’est dangereux.
Notre Voie
L’Aird via L’Intelligent d’Abidjan : «Nomination de nordistes à des postes clefs» / L’AIRD prend position : ‘’Une telle politique est une grave atteinte aux valeurs républicaines’’
L’Alliance ivoirienne pour la République et la démocratie (AIRD) a réagi aux propos du président Alassane Ouattara tenus dans diverses interviews à la presse française, le jeudi 26 janvier 2012.
«En prélude à sa visite d’Etat en France, le Chef de l’Etat a accordé diverses interviews à la presse française. Répondant à une question d’un journaliste concernant les nominations à des postes clefs qui font la part belle aux ressortissants du Nord, le président Alassane Ouattara a répondu qu’il « s’agit d’un simple rattrapage » ajoutant que « sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité ».
La direction de l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), ayant toujours considéré que les compatriotes appelés à des postes de responsabilité l’ont été sur la base de leurs compétences avérées et de l’intérêt du pays, s’étonne de cette déclaration du chef de l’Etat, pourtant garant de la Constitution, de l’unité nationale, de la paix et de la cohésion.
En raison du caractère attentatoire à l’unité nationale d’une telle politique, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD), élève une vive protestation contre ces choix de gouvernance qui hypothèquent la réconciliation nationale, la justice sociale et la paix. L’AIRD s’élève également contre la référence excessive à la religion et à l’ethnie qui est un risque d’exacerbation de la fracture sociale.
Au demeurant, l’AIRD ne saurait s’offusquer que des cadres, fussent-ils issus d’une même région, puissent être appelés à des missions de haut niveau parce qu’ils en présentent le meilleur profil, créant ainsi l’émulation à l’excellence, et non sur les considérations d’un rattrapage ethnique ou religieux.
Parce qu’une telle politique est une grave atteinte aux valeurs républicaines et citoyennes dont la non-observation nous a valu une longue crise née de préoccupations ethno-religieuses, ayant entraîné les pires souffrances aux Ivoiriens, la direction de l’AIRD invite le gouvernement à un changement de cap afin que ne soient valorisées que les valeurs de probité, de rigueur et de compétence».
Fait à Abidjan le 26 Janvier 2012
La Direction de l’Aird
Site Côte d’Ivoire La Vraie: « Dramane ou le péril de l’ethnocentrisme »
« Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous GBAGBO, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité »
Si OBAMA avait tenu un tel discours neuf mois après les élections américaines, une procédure de destitution aurait été engagée car brisant le concept de citoyen et donc brisant la nation américaine, une et indivisible. Depuis l’expérience nazie du « rattrapage » de la race aryenne sur les juifs et autres races non aryennes, toutes les constitutions sérieuses condamnent de telle politique. La constitution ivoirienne n’y échappe pas, l’article 10 précise :
« Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d’encourager la haine raciale ou religieuse est interdite. »
Quelque soit le pourcentage d’un groupe ethnique, un tel discours est condamnable et disqualifie l’homme qui le prononce à la fonction de chef de l’Etat. OUATTARA n’est donc pas un chef d’Etat mais bel et bien un chef de tribu. Mais en plus si le chiffre s’avère faux comme c’est le cas, cela veut dire que le pouvoir OUATTARA se ment à lui-même et au monde entier ou cache un objectif inavoué.
Le dernier recensement général en Cote d’ivoire a eu lieu en 1998 et les chiffres sont parlants :
Sur une population de 15 043 153 d’habitants en 1998, les ivoiriens se regroupent ethniquement comme suit :
- -AKAN : 4 780 798 dont 55% de BAOULE (2 629 438)
- -KROU : 1 252 135 dont 53% de BETE (492 089)
- -MANDE NORD : 1 873 200 dont 53.2% de MALINKE (996 542)
- -GROUPE VOLTAIQUE : 1 995 435 dont 59.4% de SENOUFO (1 185 288)
- -MANDE SUD : 1 142 336 dont 55% de YACOUBA (629 427)
- -ETRANGERS AFRICAINS : 3 472 591dont 2 238 548 BURKINABE
- -AUTRES : 527 456
Le nord étant habité par le groupe MANDE NORD et le groupe VOLTAIQUE, la population totale du nord est donc de 3 868 635 soit 25.71% de la population. La population du sud est donc de 74.29% de la population totale.
Si nous ajoutons à la population du nord la population étrangère d’origine BURKINABE, nous avons donc un total de 6 107 183 habitants supposés du nord soit exactement 40.05% !
Si le coup d’Etat de 2002 a eu pour objectif de faire de DRAMANE OUATTARA un ivoirien éligible, il est clair que celui de 2011 aura pour but, selon les propres déclarations de OUATTARA, de faire des étrangers d’origine BURKINABE, des ivoiriens pour que la population du nord atteigne les 40% et qu’ils deviennent enfin des propriétaires de leur terre agricole dans le sud: « je vais le régler (le problème foncier) d’autant plus que je dispose d’une majorité solide à l’assemblée …Nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété » .
Pour DRAMANE OUATTARA la loi foncière de 1998 est donc caduque et il faut donc « inventer » une nouvelle loi. En bon Houphouetiste les ivoiriens ne seront pas surpris qu’en terme de nouveauté on leur sorte un cadavre du genre « la terre appartient à tout ivoirien qui l’exploite »
Attention danger !
Dr DIABATE Cheick,
Chercheur, Université du Colorado, USA
La Médaille de «L’ELEPHANT» : Décrochée par le Président
Pour cette grave erreur commise au cours de son interview accordée à « L’Express » et reprise par des journaux ivoiriens : «nomination des nordistes aux postes clés ?» Réponse : «Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité». C’est donc une politique délibérée? Et nous qui pensions qu’il s’agissait simplement de zèle de la part de quelques responsables du Rdr. On comprend mieux à présent la politique de Kandia Camara au ministère de l’Education nationale. C’est un vrai rattrapage! A chacun son tour?
D.S.
L’Inter : « La grosse bourde du chef de l’Etat »
Rattrapage. Le mot est lâché. Et heurte le bon sens. Comment le président de la République, garant de la Constitution, a-t-il pu dire cela ? S’expliquant sur la nomination des ressortissants du Nord aux postes clé de l’administration publique, le chef de l’Etat a donné cette justification :
« Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité… ».
Ce passage de l’explication d’Alassane Ouattara est pour le moins maladroit ou, à tout le moins gênant. Il est choquant que le successeur de Laurent Gbagbo parle de « rattrapage » pour justifier la nomination des Nordistes dans l’administration. Ça donne le sentiment que ces nominations, décriées par une frange de la population, répondent au souci de réparer une injustice. C’est du reste ce que dit clairement la phrase :
« Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité…». Même si cette injustice était avérée, il n’est pas politiquement correct d’avancer ouvertement un tel argument pour expliquer ces nominations. La logique du « rattrapage » est indécente car elle pourrait installer le pays dans un cercle vicieux dans lequel les dirigeants de demain pourraient être tentés de réparer ce qui peut apparaître comme une injustice aujourd’hui.
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Recherches ayant amené à cette page:
- interview dalassane ouattara à lexpress du 25 janvier 2012
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