Mort d’IB : L’énigme reparaît à la CPI

1360475955 Mort d’IB : L’énigme reparaît à la CPI

IB conference 300x247 Mort d’IB : L’énigme reparaît à la CPIElle l’avait promis, peu de temps après la mort de son mari, la veuve du bien célèbre Ibrahim Coulibaly (IB pour les intimes) ; Karidia Coulibaly, au lendemain de la date fatidique du 27 avril qui vit son mari tomber sous les balles, dans le quartier d’Abobo, avait prévenu que si la justice ivoirienne ne bougeait pas, elle porterait plainte contre X devant les juridictions ivoiriennes et belge, elle-même étant de nationalité belge. C’est désormais chose faite et la menace a été mise à exécution. A ceci près cependant que la saisine n’a pas été opérée à Bruxelles, mais plutôt à la Haye, siège de la Cour Pénale Internationale (Cpi), et ce, depuis le vendredi 15 juillet 2011.

Las amis et proches d’IB, regroupés autour d’un Collectif pour la justice sur l’assassinat d’IB (CJA-IB) estiment qu’ils détiennent par-devers eux

«des preuves irréfutables qui attestent qu’IB n’a pas été tué, mais assassiné, le 27 avril 2011»

dans le quartier d’Abobo, lors d’affrontements.

Et voilà la Cour que préside l’Argentin Moreno-Ocampo appelée à la rescousse pour élucider ce que l’on s’accorde à désigner sous le vocable de l’énigme IB. La juridiction internationale, à supposer qu’elle accepte de se pencher sur le cas du regretté patron du commando invisible, aura à trancher un véritable nœud gordien. Car tout aura été sibyllin, touchant l’homme IB. Sa vie, tumultueuse et fort sinueuse autant que sa mort qui, à ce jour, cache bien des pans de zones d’ombre autant que de mystères des plus insondables.

Car, pour certains, le sergent disparaît à un moment où on s’y attendait le moins : Gbagbo était tombé depuis un peu plus de deux semaines ; tout le monde était unanime à reconnaître que le travail de sape du commando invisible, avec, à sa tête le sergent IB, avait été, à cet effet, déterminant ; en toute bonne logique alors, personne ne pouvait se prendre à penser qu’il ne serait pas invité à la table des vainqueurs. Mais alors, l’impatience d’IB à laquelle se greffèrent des revendications maximalistes ne tardèrent pas à se manifester : l’homme exigea qu’on lui reconnût le grade de Général de division, affirma qu’il avait des centaines d’hommes sous ses ordres, et réclama qu’on « donne à César ce qui est à César ». Comme en pareil cas, lorsqu’un royaume se divise contre lui-même, IB mourra, fauché par les balles de ceux-là mêmes qui avaient été ses alliés dans la lutte commune qui avait abouti à faire tomber l’ennemi commun, Laurent Gbagbo.

Mais, pour d’autres, même à l’intérieur du camp Ouattara, les choses ne sont pas aussi simples : on parle d’une froide exécution planifiée de quelqu’un dont «on» voulait se débarrasser. Reste à déterminer l’identité du commanditaire de la basse besogne. IB et Soro se haïssaient copieusement, cela est un secret de Polichinelle ; jalousie de métier sans doute doublée d’une sérieuse querelle de positionnement ; le premier en voulait au second qui, en retour, jurait d’avoir un jour la peau du premier ; à tel point qu’il se trouve des observateurs qui veulent voir en la personne de Guillaume Soro la main noire qui aura commandité la «liquidation» de son frère ennemi. L’hypothèse a certainement du bon puisque IB mort, certaines choses seront tues, pas sues, cachées pour de bon. Car, il devait en savoir, des choses, ce IB, sur ses frères d’armes ainsi que sur certains petits secrets de rebelles dans leur tentative de renverser Laurent Koudou Gbagbo.

En tout état de cause, c’est la Cpi qui devra statuer. Et elle aura fort à faire ; déjà qu’elle avait décidé de mener des enquêtes sur un certain nombre de crimes commis sur le territoire ivoirien, le nouveau dossier qui vient choir sur le bureau de son chef vient rappeler que si la guerre est finie en Côte d’Ivoire, de nombreuses zones d’ombre persistent dont il faut éclaircir les contours.

Pour Ado et le cercle de ses fidèles, l’affaire IB qui rejaillit à la Haye sent mauvais. Car il n’est pas du tout illusoire de penser qu’elle peut étaler au grand jour la responsabilité de certaines personnalités de la galaxie de l’actuel président. Reste à savoir pour qui sonne le glas, mais là, il faut laisser faire la Cpi ; si elle accepte le dossier, elle nous condamne tous à pouvoir le découvrir un jour.

Jean Claude Kongo , L’Observateur

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