Laurent Gbagbo

Soumis dans: 1960-1990,1990-2000,2000,2000-2010,2011,Histoire,Les personnages |


laurent gbagbo Laurent GbagboNé le 31 mai 1945 à Gagnoa, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire, en pays bété, Laurent Gbagbo obtient une licence d’histoire à l’Université d’Abidjan en 1969. Il est professeur d’histoire et géographie l’année suivante. C’est alors qu’il se sensibilise au syndicalisme ; son enseignement, jugé « subversif » – il s’oppose à l’hégémonie du PDCI (Parti démocratique de la Côte d’Ivoire) – lui vaut deux ans d’internement dans des camps militaires de 1971 à 1973. Entré comme chercheur en 1974 à l’Institut d’histoire, d’art et d’archéologie africaine (IHAAA) de l’Université d’Abidjan, il en devient le directeur en 1980. Son engagement syndical reste fort et il est considéré comme le principal artisan de l’agitation estudiantine de 1982. Il part alors en exil en France et ne reviendra en Côte d’Ivoire qu’en 1988, pour se faire élire secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), parti d’opposition qu’il avait créé en 1982 dans la clandestinité.

Laurent Gbagbo est l’unique candidat ayant affronté Félix Houphouët-Boigny dans une élection présidentielle. Les 19 % de suffrages qu’il obtient en 1990 face au « Vieux » lui confèrent une stature de leader de l’opposition. Il recherche l’adhésion des habitants paupérisés des villes. En 1992, à la suite de manifestations violemment réprimées par le pouvoir, il est condamné à deux ans de prison mais sera libéré au bout de six mois. Son ascension politique doit beaucoup au soutien que lui a apporté la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Il ne participe pas au scrutin présidentiel de 1995, ayant appelé au boycott pour protester contre le Code électoral de 1994, mais accède à la magistrature suprême en 2000 quand il se retrouve seul face au général Gueï qui se proclame vainqueur mais est mis en déroute par des manifestations.

Il est signataire de l’accord de Ouagadougou, le 4 mars 2007, aux côtés du chef des Forces nouvelles Guillaume Soro et du Président burkinabè, Blaise Compaoré. Cet accord, aux termes duquel il nomme Premier ministre Guillaume Soro, vise à ramener la paix dans un pays malmené depuis la tentative de coup d’Etat de 2002.

Bien qu’Alassane Ouattara ait été déclaré vainqueur, lors du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010, avec 54,1 % des voix par la Commission électorale indépendante, le Conseil constitutionnel annonce la victoire de Laurent Gbagbo avec 51,5 % des suffrages, ouvrant une nouvelle période de crise.