L’Accoucheur de Rêves, par Norbert Kobenan

accoucheur de reves LAccoucheur de Rêves, par Norbert Kobenan
Les jours passent, s’écoulent ; le temps s’enfuit, emportant dans les plis épais et sombres de son manteau de nuit des échos de sanglots mais aussi de rires.
Une tragédie humaine frappe à nos portes…
Non, ce pays nôtre ne doit pas être la patrie de la peur et des soucis à n’en plus finir.
Filles et fils de Côte d’Ivoire, réveillez-vous !
Les maux qui ont ébranlé notre vie de citoyens d’une même patrie doivent disparaître à jamais.
Si, selon la déclaration des droits de I ’homme “le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation”, il convient, somme toute, de relever qu’aimer son pays par-dessus tout doit être la norme.
Ce qui, bien entendu, ne saurait signifier, pour autant, que les autres – nations ou patries – sont quantités négligeables.
Ce qui irrite et fausse tout le débat, c’est le renversement des normes, ce sont tous ces caprices érigés en principes, la sensation faite règle.
C’est cette hypocrisie qui fausse tout.
En un mot comme en cent, il faut donc éduquer les citoyens ; les amener à s’engager en faveur de valeurs morales, sociales et nationales.
En d’autres termes, leur apprendre à respecter leurs cultures diverses, certes, mais qui se complètent si bien et nous rendent si fiers de ce que nous sommes, parce que parfaitement conscients de nos droits et de nos obligations.
On parle de plus en plus de la nécessité d’inventer un concept rassembleur propre à la Côte d’Ivoire.
Parce qu’il traduirait la spécificité des habitants de ce pays nôtre qui se reconnaissent comme tels.
En entreprise, c’est de la culture institutionnelle qu’on parlerait.
En ce qui concerne la vie de la nation, c’est du civisme, fondement du patriotisme, dont il se distingue par sa dimension affective, qu’il est question, surtout quand le sentiment de solidarité entre les générations s’adosse au rattachement à la mère patrie.
Vouloir identifier ou même tout simplement nommer cette dimension affective et culturelle marquée peut relever de l’exploit.
Surtout quand on sait que les mots sont comme les personnes.
On peut les fréquenter quotidiennement sans les connaître vraiment, sans découvrir leur véritable identité ainsi que le relevait M. Marc Fumaroli, dans son “Discours annuel sur la vertu de la séance publique à l’Académie française” du 5 février 2002.
Nous vivons aujourd’hui un passage historique en ce qui concerne la maturité du citoyen, ce qui implique un changement de paradigme dans tous les aspects de notre vie commune.
Notre niveau de langage, nos faits et gestes, notre vivre ensemble se doivent donc, eux aussi, d’évoluer. Et de bien évoluer.
Un jour nouveau se lève sur notre pays avec de nouvelles vibrations.
Pour être entendu du ciel, pour que nos prières et nos vœux soient exaucés, utilisons le niveau de langage approprié.
Comme toutes ces personnes qui sont parvenues à un certain niveau de conscience.
C’est possible.
Il suffit de juste le vouloir.
Alors, si les larmes versées ne peuvent plus revenir à nos yeux, la mansuétude de notre créateur, elle, n’a pas de limites.
Elle se renouvelle toujours.
Tant qu’on ne bafoue pas les prescriptions divines et qu’on cherche honnêtement à progresser vers le but que nous nous sommes fixés.
Parce que le monde deviendra alors, pour nous, un lieu plein d’opportunités.
Que nous n’avons jamais su voir.
Et, encore moins, apprécier à leur juste valeur.
[pullquote align= »left »]Que devons-nous faire à présent ? Que devons-nous faire après avoir prié ?[/pullquote]
Eh bien, travailler. Travailler. Encore travailler.
Toujours travailler.
Pour permettre à notre pays de demeurer la “terre d’espérance” et le “pays de l’hospitalité”.
Parce qu’il est conçu pour permettre à ceux qui y vivent et le désirent de réaliser leurs desseins.
Prenons-en conscience.
Il y a en chacun d’entre nous quelque chose d’unique que nous pouvons et devons apporter à notre pays.
Et, donc, à nous-mêmes.
Pour que ce pays continue de répondre à sa vocation.
Autant les lignes de nos mains nous appartiennent en propre, puisqu’elles nous permettent, entre autres, de savoir ce que nous réserve demain, autant nous avons, individuellement et collectivement, une importante mission à réaliser sur cette terre de Côte d’Ivoire qui nous appartient.
Cette mission est en marche, même si nous n’en sommes pas encore conscients.
Par ignorance ou par confusion.
Un jour, cette mission deviendra aussi claire que la raison d’être de l’eau pour la plante.
Ce dont nous avons besoin, aujourd’hui, pour la reconnaître, c’est d’abord, et surtout, de mieux nous connaître nous-mêmes.
Si l’image que nous renvoie notre miroir ne nous plait pas, ce n’est pas le miroir qu’il faut briser. Mais bien notre vilaine image, notre comportement.
Et c’est possible.
Puisqu’il suffit de le vouloir.
Tout simplement.
Et, donc, d’économiser l’argent nécessaire à l’achat de tous ces miroirs appelés à être brisés.
Bêtement.
Notre mission, c’est clair, ne sera pas de tout repos.  Elle sera même pénible. Souvent.
Et nos actions discrètes, autant que faire se peut.
Même si elles doivent être à l’origine de véritables changements de mentalités.
Un ami me suggérait récemment que si nous n’arrivons pas à entrer en contact avec les couches profondes de notre esprit, pour y trouver les solutions à nos aspirations, il pourrait s’avérer plus judicieux de nous faire aider par un… accoucheur de rêves.
Pourquoi pas ?

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