Interview / Marie-Rose Guiraud : « Je rentre à la demande du Président Ouattara pour jouer ma partition dans la réconciliation nationale »

Rose Guiraud NY 1 Interview / Marie Rose Guiraud : Je rentre à la demande du Président Ouattara pour jouer ma partition dans la réconciliation nationaleLa célèbre danseuse et chorégraphe ivoirienne Marie-Rose Guiraud n’est plus à présenter. De longues années durant, elle a marqué de son empreinte la culture ivoirienne, avant de sillonner le monde entier pour la vulgariser. Danseuse émérite, c’est la fondatrice de l’Ecole de danse et d’échanges culturels (EDEC) d’Abidjan Riviera. Pour des raisons qu’elle évoquera au cours de notre entretien, elle s’exilera aux Etats-unis d’Amérique, pays d’origine de son époux, Emmett McDonald. Aujourd’hui, à la faveur du retour de la Côte d’Ivoire dans le concert des nations, Marie-Rose Guiraud envisage de rentrer au pays pour se mettre à la disposition des nouvelles autorités.

Q: Les Ivoiriens aimeraient bien savoir ce que devient leur Marie-Rose Guiraud. Vous avez quitté le pays depuis si longtemps déjà…

R: Elle devient la sagesse ! Elle est toujours artiste, mais en plus responsable. Responsable aussi bien dans son art que dans la communauté dans laquelle elle vit. Je me sens enfin très concernée par tout ce qui se passe dans le monde et surtout dans mon pays.

Q: Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis que vous êtes partie. Comment avez-vous vécu la crise ivoirienne ?

R: C’était dur, très très très dur ! Sur le plan professionnel, en tant qu’artiste, j’ai souffert doublement parce que les gens qui t’admirent associent ton image à celle de ton pays. Nous autres, artistes, notre marché, c’est la culture. Lorsque cette culture est remise en question, nous devenons comme des restaurateurs dont les établissements sont déclarés insalubres. Les gens se méfient de ce que vous préparez parce qu’on leur a dit que votre restaurant est infesté de puces, cafards, de rats, etc. Ce que je veux dire, c’est que mes étudiants n’auraient pas aimé se contenter de ce que je leur enseigne ici. Ils auraient aimé aller chez moi, vivre cela, toucher du doigt la culture dont je leur parle, vérifier, etc. Mais avec ce qui s’y passait, impossible. Les autorités américaines déconseillent certaines destinations à leurs ressortissants… C’est ce que notre pays a connu. Dans ces conditions, dites-moi pourquoi j’aurais pu continuer à attirer les gens vers la Côte d’Ivoire ?

Par ailleurs, j’ai assisté, impuissante, à tout ce qui est arrivé à mes parents. Vous savez, moi, Marie-Rose Guiraud, j’appartiens à toute la Côte d’Ivoire, je n’ai pas de préférence, j’ai des amis, des parents, des frères et des sœurs partout. Qu’on tue au Nord, au Sud, au Centre, à l’Est comme à l’Ouest, je me sens concernée, parce que dans ma troupe, il y a des enfants de toutes les régions. Dans mon école, l’EDEC d’Abidjan, j’entretiens soixante-dix enfants, dont certains ne sont même pas Ivoiriens. Il y en avait plus avant que je ne quitte le pays. Dans ces conditions, vous pouvez imaginer ma souffrance. Je ne faisais que pleurer chaque fois que j’apprenais que le sang était versé ici ou là…

Q: Envisagez-vous rentrer un jour? Si oui, quand?

R: Le 24 septembre 2011, de passage à New York, le chef de l’Etat, le Président Alassane Dramane Ouattara a rencontré la communauté ivoirienne. A cette occasion, il nous a invité, mon mari et moi, à le rejoindre dans sa suite de l’Hôtel Waldorf. Là-bas, nous nous sommes entretenus pendant une vingtaine de minutes avec lui et son épouse, la Première dame, en présence du ministre Adama Bictogo. Le Président m’a demandé de rentrer participer à la réconciliation nationale. Cela n’a rien de politique. Il s’agit pour moi de faire ce que je peux, de contribuer à ma manière, à la réconciliation nationale. En ce qui me concerne, je viens de fêter mes 67 ans, et je suis déterminée, si l’on m’en donne les moyens, à jeter mes dernières forces dans la bataille pour recoller le tissu social, réconcilier les Ivoiriens et participer à la reconstruction de mon pays. J’ai ma petite idée derrière la tête. J’aurais également besoin qu’on se penche sur ma sécurité, parce que, comme toute le monde le sait, ma région a été celle qui a le plus souffert de la guerre. Je ne pourrai pas faire tout le travail à partir d’Abidjan. Il me faudra aller sur le terrain.

Q: Serait-il alors possible d’avoir une idée de la période choisie pour le grand retour, et également de savoir ce que sera votre partition?

R: Je compte rentrer à la mi-février. Vous savez, c’est l’Ouest du pays qui a payé le plus lourd tribu à la guerre. C’est aussi ma région natale. Jai donc décidé d’y organiser un festival de danses, plus précisément à Kouibly. Je l’ai baptisé « Fête de génération pour la réconciliation et la cohésion nationale ». Mais, dès que j’ai commencé à en parler, on m’a encouragé à étendre les manifestations à d’autres localités. En définitive, trois villages de Manont été retenus : Kouibly, Pagnebly et Ouiyably.

Q: Depuis le passage du Président, vous avez donc mis la machine en marche?

R: Oui, grâce à l’ambassadeur Diabaté, la communauté ivoirienne d’ici a d’ailleurs pu avoir un avant-goût de ce que je prépare. Nous avons organisé une petite manifestation à’ l’ambassade. Il n’y a eu aucune publicité autour, mais le public est venu nombreux. Les gens de toutes origines sont venus de partout, se retrouver le temps d’une manifestation, en laissant de côté leurs divergences politiques. C’est dire comment ils ont soif de se réconcilier. Vous comprenez ? C’est le signe que nous sommes toujours ensemble.

Q: Quel sera le contenu du festival ?

R: Bien sûr, dans un premier temps, le festival permettra à de nouveaux talents d’éclore. Je pourrai auditionner des enfants de 8 à 15 ans qui vont chanter et danser. Le festival est consacré aux enfants victimes de la guerre. Vous savez qu’il y en a beaucoup qui ont souffert des atrocités des grands, certains ont été violés, d’autres ont vu leurs parents mourir sous leurs yeux. Il s’agit d’exorciser par l’art tout le mal qui les a traumatisés. Ensuite, les vainqueurs remporteront des bourses d’études pour étudier dans des écoles comme l’EDEC.

Q: Travaillez-vous sur le projet avec le ministère de la Culture ? l’Onuci? le Pnud, les ONG qui sont sur le terrain?

R: Non, je n’ai, malheureusement pas de contact avec le ministre Maurice Bandaman. C’est difficile d’établir le pont à distance. Ni le ministère, ni l’Onuci, aucune organisation nationale ou internationale, bref, je n’ai encore soumis le projet à aucune des agences des Nations unies impliquées dans la réconciliation et la reconstruction. De loin, je ne sais pas qui contacter pour quoi ? Qui pourrait m’aider à tel ou tel niveau. Tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, c’est solliciter les services de la présidence de la République, et commencer à me préparer de mon côté. Mais je pense que les choses devraient aller vite. J’ai désormais un agent sur place qui va faire les démarches.

Q: Parlons maintenant de votre profession. Avez-vous continué d’exercer, depuis que vous avez quitté le pays, ou alors, avez-vous mis toutes vos activités en veilleuse ?

R: Bien sûr que non. Je suis avant tout artiste, je dirais même plus, je suis Art. Je n’ai jamais arrêté. Au contraire. Ici, je me suis réalisée. Je me produis régulièrement, entre deux cours dans les universités. Par ailleurs, je viens de finir mon autobiographie. Je suis née artiste. A l’origine, Je suis une miraculée. Je suis quelqu’un qui aurait pu être complètement handicapée, mais qui a pu s’en sortir grâce à la prière. Chaque minute, chaque seconde de ma vie vaut de de l’or. J’ai mis mon corps au service de Dieu. C’est la danse qui a aidé mon corps à se développer. Mais je préfère vous laisser découvrir la suite dans mon livre.

Q: Vous nous mettez l’eau à la bouche…

R: Mes parents m’ont dit que ma beauté est dans ma tête et dans mes tripes. Que c’est en pensant à de belles choses qu’on devient beau. C’est ainsi que ma tête a réparé le reste de mon corps : en m’apprenant à redresser mes pieds, ma bouche, etc. Ma thérapie était comédie aux yeux des gens, elle s’est transformée en art. Je suis arrivée à Abidjan à 14-15 ans. Après ma formation, j’ai exercé comme dactylo chez les soldats français. Je faisais tellement chanter ma machine à écrire qu’ils en ont conclu que j’étais une artiste accomplie. Et c’est comme ça que je me suis retrouvée en France. Je suis allée dans la vague des Guinéens qui fuyaient le régime de Sékou Touré. En France, j’ai poursuivi mes études et j’ai fait le Conservatoire… Encore une fois, vous découvrirez la suite dans mon livre.

Q: Pour en revenir à la crise post-électorale, avec ce que vous savez de l’Afrique, est-ce que le comportement des Ivoiriens vous a surpris ? Est-ce que vous avez senti venir la guerre, toutes ces atrocités ?

R: Franchement, non. Je mentirais en disant que je n’ai pas vu venir la crise. Ce serait faux. Mais je n’ai jamais pensé qu’on irait si loin. Sinon, les prémices étaient visibles déjà sous Houphouët-Boigny. Il y a toujours eu des problèmes. Comme partout dans le monde, d’ailleurs, parce que nul n’est parfait.

Lorsque les histoires ont commencé, j’ai sorti ma dernière pièce intitulée « le cri des oubliés ». Il mettait en scène les dozos, les fameux chasseurs traditionnels du Grand nord. Je parlais de dozos qui, dans la foulée de la guerre tuaient leurs propres enfants. Juste pour décrire les atrocités de la guerre. C’était en 1997. Je me demande si quelqu’un l’a remarqué, mais c’était prémonitoire. J’ai quitté le pays en 1998. Un an plus tard, les palabres commençaient.

Q: Le mal remonte donc plus loin?

R: En Afrique, plus précisément chez nous, en Côte d’Ivoire, nous ne connaissons pas la démocratie. Ce que nous connaissons, c’est les rois, les chefs de villages, etc. Plusieurs facteurs se sont conjugués pour donner un mélange explosif. Par exemple, la géopolitique du Président Houphouët était une erreur. Nommer des ministres non par compétence, mais parce qu’ils sont originaires d’une région donnée, responsabiliser une personne par région et obliger tous ses parents à passer par lui, c’est le transformer en dictateur. Malheur à toi s’il n’aime pas ta tête parce que tu n’aurais aucun recours… Comment comprendre que le courrier postal puisse mettre une semaine pour aller d’Abidjan à Bassam ? Ici aux Etats-Unis, je mène ma vie d’artiste comme je l’entends, j’ai mon ONG, je gère mes affaires tranquillement. Aucun ministre ne peut m’interdire quoi que ce soit, dans la mesure où il n’assure pas ma pitance. C’est là où les ministres d’Houphouët péchaient. Le Président l’a fait pour aider, mais dans la pratique, ces gens posaient des actes qui révoltaient la population. Il y a eu des choses plus graves sous Houphouët.

Q: Ce n’était donc pas imputable à Houphouët…

R: Après, il y a eu une invasion d’intellectuels qui clamaient qu’ils pouvaient faire mieux que Houphouët. On découvrira au fil du temps que c’étaient tous des commerçants qui avaient leur marché, des profiteurs qui se souciaient très peu du peuple. Ils ont déçu l’espoir placé en eux, en faisant pire que les colons. Au lieu de compétir pour avancer, nous n’avons fait que cultiver la méchanceté, la jalousie… C’est ce que j’ai vécu avant de quitter le pays. Au lieu de rivaliser avec l’extérieur, avec les pays voisins, avec l’Europe et l’Amérique, nous nous sommes renfermés sur nous-même, et nous nous sommes empoisonnés avec la haine. Notre jalousie est interne. Nous sommes jaloux de nos propres frères qui veulent réaliser quelque chose, au lieu de rivaliser avec l’Europe, l’Amérique. Bref, je savais que ça n’allait pas, et que cela allait exploser un jour. Ce que je ne savais pas, ce que je ne pouvais même pas imaginer, c’est l’ampleur que cela a pris. Je n’ai jamais pensé que les carnages, les massacres que mon pays a connus pouvaient arriver un jour ! Je m’attendais à tout, mais pas à ces morts, à ces exécutions sommaires d’autant d’innocents qui n’avaient rien à voir avec la politique. Tant de mort, uniquement pour ça ? Certaines personnes adoraient pratiquement Gbagbo, raison pour laquelle elles n’ont pas pu supporter sa fin. Non, je ne pouvais pas imaginer cela. Les gens ont malheureusement trop tiré sur la corde et elle a cassé. Il ne faut pas trop tirer sur la corde. Tout ce que l’être humain fait est imparfait, il faut en être conscient et reconnaître ses limites. A vouloir être ce qu’on n’est pas, on finit par faire ce qu’on n’aurait jamais dû faire. Bref, ce qui devait arriver à la Côte d’Ivoire arriva, pour permettre aux Ivoiriens d’apprendre à se respecter, à reconnaître les bienfaits d’autrui. Un pays ne se construit pas avec une seule ethnie. Personne n’est tombé du ciel. Nous sommes tous venus de quelque part pour bâtir la Côte d’Ivoire. Nous sommes tous des immigrés partout. Lorsqu’on envoie ses enfants faire leurs études à l’étranger, on ne devrait pas être soi-même xénophobe. Ça n’a pas de sens. Lorsqu’on cultive la haine de son prochain dans son cœur au point de le traiter d’étranger, il faudrait avoir l’honnêteté de se demander d’où l’on vient soi-même ! Tenez, vous ne pouvez pas vivre par exemple ici, aux Etats-unis, sans vous demander vraiment d’où vous venez, quelles sont vos origines ? Parce que vous découvrez tellement de similitudes avec les traditions d’autres peuples dont vous ignoriez l’existence. Quand vous rencontrez par exemple les garifunas, ces peuples des îles Caraïbes, vous vous demandez s’ils ne sont pas Guéré ou Wôbê ?

Q: Dans la communauté ivoirienne, on vous dit beaucoup impliquée dans les actes de réconciliation. Qu’en est-il ? Profitez-vous de cette notoriété pour encourager la réconciliation entre les membres de la communauté ?

R: Bien sûr. Ici, il y a une certaine solidarité. Malgré que l’on se parle plus au téléphone que face-à-face. Je me présente à chacun non comme une danseuse, mais comme une sœur, une mère, celle qui veut qu’on taise les passions pour faire parler la raison. J’exhorte les uns et les autres à se dépasser pour que nos enfants puissent vivre dans la paix. Les pauvres enfants qui ne savent pas pourquoi les grands se battent, ne doivent pas prendre les pots cassés du conflit que nous avons créé. C’est ce que je conseille ici. Vous savez, en réalité, chaque Ivoirien est attaché à son ivoirité. Chaque Ivoirien voue un amour sans faille à son pays. C’est ça la réalité, et c’est pourquoi, malgré les positions tranchées, il est facile de nous réconcilier avec nous-même. Je n’ai vu aucun Ivoirien ici qui soit foncièrement opposé à la réconciliation nationale. Il s’agit de se réconcilier avec soi-même et avec les autres. Si nous sommes fâchés avec les autres pays, à qui allons-nous vendre nos produits agricoles ?

Q: Quels sont les meilleurs souvenirs de la vie de Marie-Rose Guiraud?

R: Mes meiileurs souvenirs, c’est ma première télé. Il y a aussi l’Allemagne. J’y ai joué avec un orchestre philharmonique. C’était extraordinaire. Ils étaient tellement séduits qu’ils m’ont demandé de revenir avec ma propre troupe, les Guirivoires. Il y a aussi tous ces enfants que j’ai adopté, élevé et qui me le rendent, moi qui n’ai pas eu la chance d’enfanter.

Q: Les moments les plus tristes de votre vie?

R: Les moments les plus tristes, c’est par exemple le fait que ma mère soit décédée en mon absence. C’était une reine-mère. Je n’ai pas encore pu organiser ses funérailles, mais je refuse d’être triste, parce qu’elle m’a enseignée la gaité. Je lui rendrai hommage le moment venu…

Les pages les plus sombres de ma vie, c’est aussi ce qui m’a emmenée ici aux Etats-Unis. La méchanceté des gens. Mon succès au pays dérangeait beaucoup de personnes, qui ont monté toutes sortes de combines pour me créer des problèmes. Ils sont passés par des déshérités que j’aidais, entre autres, pour citer mon nom dans des affaires scabreuses. Plusieurs fois, j’ai dû m’expliquer avec la police, et chaque fois, j’ai été innocentée. Finalement, j’ai commencé à m’inquiéter, à me poser des questions. Puisque je ne cultive pas de haine dans mon cœur pour mon prochain et que je ne considère personne comme un rival à écarter, j’ai décidé de partir. Et leur laisser la place. J’espère qu’ils ont bien brillés pendant mon absence. Ils ont tout fait pour me détruire, pour prendre ma place, mais ils ont échoué, parce que la lumière qui brille en moi vient de Dieu et personne ne peut l’éteindre. Je reviens bientôt, inch’Allah, plus grande, plus forte, reprendre ma place de leader parce que personne n’a pu me la ravir.

Q: Vous avez peut-être aussi prêté le flanc à toutes ces attaques par votre dynamisme, votre activisme…

R: Je ne dis pas que je suis parfaite. Comme tout le monde, j’ai des défauts, mais je ne cherche à nuire à personne. En m’éloignant de mon pays, on m’a donné l’opportunité de devenir plus grande. Aujourd’hui, dans les plus grandes universités du monde, on enseigne mes œuvres. Les gens pensaient me faire du mal, mais au contraire, en m’isolant toute seule dans ce petit coin, on m’a donné le temps de créer. Je suis autodidacte. Ce que j’apprends quand je suis seule, Dieu seul le sait…

Q: Votre centre tombe en ruine. L’EDEC n’est plus que l’ombre de lui-même…

R: Ce n’est pas vrai. Rien n’est tombé ! Même si les briques sont tombées, on peut reconstruire les bâtiments, les équiper encore mieux et repartir en un quart de tour, parce que l’essentiel est là, intact, dans ma tête, dans mon cœur.

Q: Vous aviez beaucoup de monde à votre charge, de nombreux enfants, dont certains en bas-âge. Pourquoi ?

R: Je le tiens de ma mère. Elle s’occupait des vieillards au village. Elle allait chercher les plantes en brousse pour les soigner, elle était aux petits soins pour eux, et je l’aidais quand j’étais petite. A mon tour, j’ai élevé de nombreux enfants, mais j’aide aussi de vieilles personnes. Les enfants que j’ai recueilli ont généralement une histoire. Comme Reine, la fille de cet artiste de la télévision. Elle était pratiquement mourante quand je l’ai vue pour la première fois. Je l’ai soignée et elle est guérie…

Q: Un message à l’endroit des Ivoiriens ?

R: J’aimerais terminer en invitant les Ivoiriens à se réconcilier avec eux-mêmes et avec leurs frères et sœurs. Il faut oublier le mal que nous avons souffert et tourner la page. Nous avons toujours notre café, notre cacao. C’est une bénédiction. Je souhaite que la Côte d’Ivoire redevienne ce pays dont nous étions tous fiers au temps d’Houphouët. Nous sommes toujours les mêmes, et nous en sommes capables. J’invite mes frères, mes sœurs à profiter au maximum de l’aura et des qualités du nouveau Président, Alassane Ouattara. C’est un homme brillant, capable et qui a les relations pour faire de notre pays un paradis sur terre, alors pourquoi ne pas en profiter et apprendre à ses côtés ? Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, c’est un djigbô (fétiche, NDLR), c’est notre djigbô pour attirer les investisseurs, reconstruire notre pays et le développer.

Interview réalisée par Koné Seydou, à New York

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