Guébié, Sanwi, la position officielle du PDCI-RDA

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Sanwi, d’Assabou et du Guébié.

On a ainsi, par cette dilution, transformé le forum en un vaste procès du PDCI-RDA. La victime est devenue ainsi le bourreau. Certes, chaque nation dans son histoire se trouve confrontée à des crises. Mais l’important, c’est la capacité qu’a le pays de les surmonter, chaque fois, sans être victime de la pathologie de la mémoire qui empêche d’oublier l’offense et d’accorder le pardon sincère. La Constitution d’une nation repose sur la capacité d’oubli. Toutefois par souci d’édification de nos conscience et de notre jeunesse, le PDCI-RDA va s’attacher :

  1. à rétablir la vérité des faits relatifs aux évènements du Sanwi et du Guébié qui ont fait l’objet d’une loi d’amnistie,
  2. à déterminer la signification de la crise ivoirienne actuelle et ses facteurs.
  3. Le PDCI terminera son propos par des propositions et suggestions.

I. Les événements du Sanwi et du Gébié

1.1. -Le Sanwi Le 4 décembre 1958 la Côte d’Ivoire devient une République dans le cadre de la communauté franco-africaine.

A l’occasion du règlement d’un litige foncier opposant Agni et Ehotilé, le roi du Sanwi exige du gouvernement ivoirien la reconnaissance de l’intégrité du royaume sanwi dans les limites consacrées par le traité de protectorat du 4 juillet 1843, signé entre la France et son royaume, en vue de l’installation d’un résident français”. N’ayant pas obtenu satisfaction, les autorités du Sanwi s’adressent directement au gouvernement français, afin d’obtenir leur indépendance vis-à-vis de la Côte d’Ivoire.

Pour les autorités ivoiriennes, il ne s’agit pas seulement d’un acte de défiance, mais surtout d’une menace réelle et grave sur l’intégrité territoriale du jeune Etat. Bref, il s’agit d’une sécession. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que, dans le cadre de la Constitution de l’époque, le domaine du maintien de l’ordre relevait de la compétence exclusive de la France, qui a rétabli l’ordre et sauvegardé l’intégrité du territoire de la Côte d’Ivoire.

Cette affaire aurait pu connaître là son terme, si en 1962 un mouvement de libération du Sanwi réfugié au Ghana n’avait tenté de l’internationaliser en tentant à plusieurs reprises de saisir l’Onu et l’OUA. En 1966, après la chute de N’Krumah, les responsables de ce mouvement livrés à Houphouët seront remis immédiatement en liberté. Toutefois en 1969, tirant prétexte de la reconnaissance du Biafra par Houphouët, le mouvement Sanwi reprend. Les détenus seront libérés pour la 3ème fois en 1970. En mai 1981, une rencontre de réconciliation et de pardon a été organisée à Yamoussoukro sous l’égide du président Houphouët qui autorisera le Sanwi à introniser son nouveau roi. Replacé dans son vrai contexte, l’affaire du Sanwi doit cesser d’alimenter le fond de commerce politique des adversaires du PDCI-RDA. Le président Houphouët, exerçant la plénitude du pouvoir que lui confère la Constitution, était le garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire. Il ne pouvait tolérer la partition de ce pays. C’est, d’ailleurs, le lieu de rappeler à l’attention du pouvoir FPI que le peuple de Côte d’Ivoire n’admettra jamais une quelconque atteinte à l’intégrité du territoire de la nation. Pour le PDCI, cette exigence est un devoir d’Etat.

1.2.- Le Guébié Qu’en est-il des événements du Guébié ? Pour les adversaires du PDCI-RDA, les événements du Guébié seraient un génocide qui tire sa source du refus d’appliquer l’article 7 de notre Constitution.

Cette allégation ne peut résister à l’analyse, pour la simple raison que la suspension de l’application de l’article 7 est le résultat non seulement d’un consensus de tous les partis politiques de l’époque autour du PDCI-RDA, au terme de son écrasante victoire aux élections générales de 1956, 57 et 58 mais surtout une exigence fondamentale du développement de notre pays, à l’aube de son indépendance.

Ce qui lui a valu l’avance que tout le monde lui reconnaît. La remise en cause d’un tel accord indispensable à la stabilité, à l’unité, à la cohésion et au développement du jeune Etat équivalait à la rupture de ses équilibres internes et externes et constituait une menace pour sa survie. C’est dans un tel contexte que s’inscrit ce que l’on appelle communément “l’affaire du Guébié” et qui n’est en fait que “l’affaire Kragbé Gnagbé”.

1.2.1.- Présentation des faits C’est en août 1966 que Kragbé Gnagbé fait son apparition sur la scène politique ivoirienne.

Après une entrevue avec les autorités politiques ivoiriennes, Kragbé Gnagbé déverse dans tous les quartiers d’Abidjan et le reste de la Côte d’Ivoire, des tracts. Il y dénonce “le vol des terres des paysans Bété par les allogènes Baoulé avec la complicité du pouvoir central” et s’élève contre la confiscation des libertés.

Interpellé par les autorités du pays, il rejette tout compromis et repart pour la France. En 1967, revenu de France, Kragbé Gnagbé manifeste le désire ardent de créer un parti politique dénommé le Parti national (Pana). Cette requête a eu une fin de non recevoir, compte tenu du consensus réalisé depuis 1958 par les partis politiques autour du PDCI-RDA réaffirmé par le congrès de 1965, placé sous le signe de l’unité nationale pour conjurer toutes les tentatives de déstabilisation du pays. Qu’on se souvienne des événements du Sanwi, des tensions politiques intérieures des années 1963-65 et des bouleversements intervenus dans certains pays de la sous-région.

En 1969, Kragbé Gnagbé crée à Gaba, son village natal, un maquis où il prélève des cotisations sur les paysans, lève des troupes et s’adonne à des activités subversives et sécessionnistes. Arrêté puis libéré, Kragbé Gnagbé est sommé par les populations de quitter Gaba. Quelque temps après, Kragbé Gnagbé va clandestinement ériger un nouveau maquis dans la forêt située entre les villages de Bobia, Dikouéhipalégnoa et Tipadipa. Allant plus loin dans la défiance, il proclame une République indépendante de celle de la Côte d’Ivoire dite République d’Eburnie, dont il s’autoproclame Chancelier.

Il publie un manifeste intitulé : La proclamation aux tribus d’Eburnie et une Constitution dénommée : La loi organique de l’Etat d’Eburnie. Il y déclare solennellement “qu’il faut se battre avec tous les moyens, même avec nos mains nues, dussions-nous y mettre le prix en hommes et en sang. Le sang parle mieux aux masses, car c’est le langage de la politique…”

Joignant l’acte à la parole, le 23 octobre 1970, M. Kragbé organise une descente armée sur Gagnoa, où nuitamment, il va hisser son drapeau sur les bâtiments de l’Etat : le commissariat de Dioulabougou, les bureaux de la sous-préfecture et de la mairie. Dans la matinée du 27 octobre 1997, les assaillants attaquent la brigade de la gendarmerie. Suite aux échanges de coups de feu, on dénombre six morts parmi les militants du Pana.

Pour calmer les esprits, l’adjudant de police, le commandant du corps urbain Obou Kouadio est dépêché pour négocier une trêve avec les insurgés. Il sera atrocement décapité, émasculé et ses parties intimes enfoncées dans sa bouche à cause de son nom à consonance Akan et singulièrement Baoulé, alors qu’il était originaire de Daloa. Après l’échec de la tentative d’annexion de la ville de Gagnoa, revenus dans les villages, les militants du Pana s’en prennent à tous ceux qui ont refusé de prendre fait et cause pour eux.

C’est ainsi que dans les campements et sur les routes, des Guébié et des allogènes sont assassinés, pendus, jetés dans des puits, enterrés vivants, loin des regards. Face à tous ces crimes atroces perpétrés dans une région faisant partie intégrante du territoire ivoirien, l’autorité centrale, garante de l’intégrité territoriale et de la sécurité des personnes et des biens, a fait appel à l’armée qui prend le contrôle de la situation dès le 30 octobre 1970.

Un gouvernement sérieux et responsable, autre que celui du PDCI-RDA, aurait-il agit différemment ? C’est dans le cadre de cette intervention que s’est forgée la rumeur d’un génocide Guébié qui aurait fait 4000 morts pour les uns et 6000 pour d’autres. Pour le PDCI-RDA, toute vie humaine est sacrée et tout mort mérite respect. Dès lors, le PDCI s’incline devant la mémoire des victimes de cette malheureuse affaire.

Mais, à la vérité, peut-on parler de génocide ? Le génocide se définit comme l’extermination massive, systématique et planifiée d’une population donnée, au seul motif de son appartenance raciale, ethnique ou religieuse. Sans entrer dans la guerre des chiffres, les trois villages que sont Bobia, Dikouéhipalegnoa, Tipadipa, théâtre des opérations, et qui, d’ailleurs, relèvent des tribus Zabia et Pacolo, et non du Guébié, comptaient respectivement 337, 365, 568 habitants, tandis que Gaba, le village natal de Kragbé comptait 469 habitants en 1956 soit une population totale de 1739 habitants. (source : Répertoire des villages de la Côte d’Ivoire publié par le service de la statistique générale et de la mécanographie, éd. Mise à jour au 31 décembre 1955) (tome 1) p.199-201).

En faisant la projection la plus optimiste, selon laquelle, une population double tous les dix ans, la population totale serait, en 1970, de l’ordre de 4000 habitants. Est-ce à dire que tous les habitants, allogènes et étrangers y compris, ont été tous exterminés pour que l’on puisse avancer le chiffre de 4000 à 6000 morts, et ce en trois jours d’affrontements ?

Souvent, on a fait croire que sur les 17 villages que comptait le Guébié à l’origine, il n’en reste plus que 7 à nos jours et que les autres auraient été rayés de la carte par suite de ce prétendu génocide. En réalité, il n’en est rien. Car, c’est à la suite d’un programme de regroupement de villages que les 17 villages sont devenus 7, comme cela se fait partout dans nos régions. Dès lors, le PDCI-RDA réfute les allégations mensongères et démagogiques selon lesquelles le président Félix Houphouët Boigny aurait à la fin de sa vie reconnu le génocide de 4000 Guébié.

Qu’on arrête d’abuser le peuple de Côte d’Ivoire, car, à la vérité, s’il est juste de pleurer nos frères du Guébié, le moment est venu aussi de reconnaître que de nombreux autres Ivoiriens ont été des victimes innocentes de cette aventure de Kragbé Gnagbé. C’est là, la vraie histoire de l’affaire Kragbé Gbagbé qu’il faut retenir afin de mettre un terme aux histoires servies à longueur de journée à des militants pour les rendre haineux et revanchards.

Concernant “les internés d’Assabou”, le PDCI-RDA a, par la voix de son président Félix Houphouët Boigny, demandé solennellement pardon aux victimes pour les répressions et les exactions commises. Concernant le Sanwi et le Guébié, le gouvernement du PDCI-RDA a fait voter des lois d’amnistie des faits pour en effacer les effets au plan judiciaire. Pour l’ensemble des victimes, le PDCI-RDA a procédé à leur réhabilitation et, pour la plupart d’entre elles, des mesures de réparation des préjudices et des torts ont été prises. Rappeler ces événements dans un cadre qui ne les concerne pas, c’est mettre en cause le fondement même de l’amnistie et oublier, par delà ces mesures, que le successeur d’Houphouët Boigny, le président Henri Konan Bédié a poursuivi cette action du PDCI-RDA, par des actes d’apaisement dans le Guébié et par l’érection d’un mausolée à la mémoire d’Ernest Boka à Grand Morié au terme de funérailles officielles.

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