[notrevoie.com]Doumbia Kader : “Nous avons les moyens de prouver à la Cpi que la mort d’IB est un crime de guerre”

ib [notrevoie.com]Doumbia Kader : “Nous avons les moyens de prouver à la Cpi que la mort d’IB est un crime de guerre”Depuis quelques temps, les enquêteurs de la CPI sont à Abidjan pour s’informer sur les crimes les plus graves commis pendant la période post électorale. Pour les partisans d’IB, la mort de leur mentor devrait retenir l’attention des hommes du procureur Ocampo. En tout cas, ils promettent de les y aider. 

Notre Voie : Vous êtes le secrétaire général du Collectif pour la vérité sur l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly dit « IB ». Présentez-nous votre mouvement ?

Doumbia Kader : Notre mouvement est né à la suite de l’assassinat d’IB. Et en notre sein, nous avons des victimes, des familles de victimes, des témoins et des sympathisants.

N.V. : Vous dites qu’IB a été assassiné alors qu’au lendemain de sa mort, le premier ministre Guillaume Soro avait indiqué qu’il est mort au combat. Qu’en dites-vous ?

D.K. : Je n’ai pas de commentaire à faire sur les allégations de M. Guillaume Soro car cela relève de la désinformation et d’une manipulation systématique de l’opinion. Je m’intéresse peu à lui car pour moi c’est un personnage triste, encombrant et peu fréquentable.

Par contre, j’ai été très choqué quand le chef de l’Etat a déclaré dans Jeune Afrique n°2629 que « IB » est mort au combat. J’ai eu très peur et je me suis posé la question de savoir qui a donné l’ordre de l’élimination physique de IB.
L’affirmation du chef de l’Etat est tout sauf la vérité. Car ce crime crapuleux est flagrant. Mais, s’ils veulent, qu’ils disent qu’il est mort par noyade ou pas crise de paludisme ça ne change rien à la réalité.

Permettez-moi donc que nous puissions informer le Président Ouattara que IB, son jeune frère Coulibaly Soualio et ses proches se sont rendus aux FRCI dans la soirée du 27 avril 2011 et de façon spécifique IB a été torturé et assassiné de façon lâche.

Nous avons des preuves et des témoignages pour confondre tous ceux qui veulent faire croire au peuple ivoirien qu’IB est mort au combat.

[pullquote]Nous avons les moyens de prouver à la CPI que la mort d’IB est un crime de guerre.[/pullquote]
Mais pour l’heure, Nous laissons la chance à la justice de faire la lumière sur les circonstances de ce crime.
Je pense que le régime doit garder le silence sur les circonstances de l’assassinat d’IB pour conserver le peu de crédit qui lui reste.
Parce que c’est triste lorsqu’un chef d’Etat s’érige en procureur de la république ou même en procureur de la CPI pour donner les conclusions d’une enquête qui est en cours.

N.V. : Qu’est ce que les FRCI reprochaient exactement à IB au point de l’assassiner comme vous l’avancez ? 


D.K. : Comme la plupart des Ivoiriens, nous aussi nous nous posons la question de savoir qu’est ce que IB a pu faire d’aussi grave aux FRCI et à M. Ouattara pour qu’il soit assassiné. Les FRCI de M. Ouattara ont eu la possibilité de le remettre à la justice si on lui reprochait des choses. Mais, ils ont fait le choix de le torturer, l’humilier et en suite de l’assassiner.

Ce que nous savons, c’est que lorsque IB est arrivé à Abidjan, de façon naturelle, il a appelé M. Ouattara pour lui dire :

« grand frère, je suis rentré, sache que vous avez notre soutien le commando invisible et moi ».

M. Ouattara s’est alors engagé à l’aider selon ses besoins sur le terrain et il a promis qu’il l’appellerait. Mais cela n’a jamais été fait. Nous avons des choses à dire mais le temps viendra où les Ivoiriens sauront la vérité.

La seule fois où M. Ouattara a appelé IB, c’est lorsque les FRCI sont arrivées à Abidjan, le 31 mars 2011 et ont eu à tirer sur les éléments du commando invisible au tour de la BAE à Yopougon qui avait été pris par les hommes d’Abobo. Naturellement, la réplique ne s’est pas fait attendre. M. Ouattra a donc appelé IB pour dire ceci :

« Je t’appelle parce que je viens d’apprendre que tes hommes tirent sur mes hommes ! »

IB, étonné demande alors à M. Ouattara :

« Donc mes hommes et moi ne vous appartenons pas grand-frère ?».

Mais dans la politesse IB promet de retirer ses hommes sur ses positions de Yopougon et même permet une cohabitation entre le Commando invisible et les Frci à Abobo car les nouveaux venus n’avaient pas de base à Abidjan. Tout ceci pour démontrer sa volonté de se réconcilier avec ses frères d’hier et démontrer sa soumission au Président Ouattara.

Voilà des faits que les Ivoiriens doivent savoir. De 2003 à 2004 quand IB était sous contrôle judiciaire en France, il a sollicité plusieurs rendez-vous avec M. Ouattara pour le rencontrer pour qu’il puisse le réconcilier avec ses frères des Forces Nouvelles et lui donner sa version des faits. Mais chaque fois que le Président a donné son accord pour la rencontre, chaque fois, il faisait faux bon.

Même pour le choix de son avocat à paris il a eu besoin des conseils de M. Ouattara. Là encore il n’a pas bénéficié de son soutien moral. IB s’est donc vu obligé de se prendre un avocat sur le tas. IB a même vu à Paris le frère ainé du Président, le doyen Gaoussou Ouattara pour convaincre le président Ouattara pour le recevoir mais jusqu’à sa mort IB n’as pas pu se faire recevoir par M. Ouattara.

Je pense donc que tout était fait pour qu’IB et ses frères des Forces Nouvelles ne se réconcilient pas. Je conclu que IB était condamné à mort.

C’est pour ça nous souhaitons qu’à la Commission Vérité et Réconciliation, le Président Ouattara explique au peuple ivoirien et à la communauté internationale ce que IB lui a fait qu’il n’a jamais pardonné.

N.V. : Vous avez récemment réclamé la dépouille d’IB. Vous avez également déposé une plainte contre x à la Cour pénale internationale. Où en êtes-vous avec ces dossiers ?

D.K. : Depuis l’assassinat d’IB, sa dépouille est gardée par le régime et refuse de la remettre à sa famille. Chaque fois que nous demandons on nous renvoie vers le Président de la République. Et cela fait plusieurs mois que la famille veut enterrer son fils. Mais jusque-là, on n’a pas l’accord du régime.

Qu’est-ce qu’on cache aux Ivoiriens sur ce crime crapuleux ? Nous rappelons qu’IB est un musulman pratiquant.

Pour ce qui est de la plainte, nous remercions déjà la CPI pour ce début de soulagement et d’espoir pour les victimes et les familles de victimes mais nous attendons que la CPI étende ses enquêtes sur tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis depuis 2002 pour que notre pays soit débarrassé de tous ses criminels.

La CPI doit nous répondre sur la recevabilité de notre plainte pour que le combat juridique démarre véritablement.
Dans son courrier daté du 14 décembre 2010 le Président Ouattara demandait à la CPI d’enquêter sur tous les crimes depuis 2002.

Et dès qu’il à pris le pouvoir, trois semaines après, dans son courrier du 03 mai 2011, il a demandé à la CPI de n’enquêter que sur les crimes de la crise post-électorale.

Voilà comment M. Ouattara oublie les massacres de Korhogo, de Bouaké dans le but que ses proches ne soient pas inquiétés. Avec ce genre de comportement, il sera difficile que la Côte d’Ivoire soit un Etat de droit comme promis.

N.V. : Quelle est la vérité sur le Commando invisible ? IB était-il réellement le père de ce mouvement ?

D.K. : IB reste et demeure le seul chef du commando invisible. Ce commando porte sa signature comme la rébellion de 2002 portait sa signature. Mais le plus important ici n’est pas de savoir qui est la grand-mère du commando invisible mais plutôt quel a été l’apport d’IB et de ses hommes dans l’accession du Président Ouattara au pouvoir.

N.V. : Quel regard jetez-vous sur la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation dirigée par Charles Konan Banny ?

D.K. : Concernant la commission Dialogue Vérité et Réconciliation, la Côte d’Ivoire en a besoin car les Ivoiriens sont divisés du sud au nord et de l’est à l’ouest. Nous attendons donc de cette commission une impartialité ferme et claire. Nous reconnaissons la volonté de M. Banny, mais qu’il associe tout le monde à cette table de discussion et que nous n’assistions pas à une réconciliation qui ressemblerait à celle de 2000. Nous refusons que la commission vérité et réconciliation aboutisse à une amnistie des crimes. La justice d’abord et la réconciliation après, parce qu’on ne peut pas se réconcilier en demandant aux familles de victimes et aux victimes de pardonner et au même moment protéger ses propres criminels.

Entretien réalisé par téléphone par Guillaume T. Gbato

Source: Notre Voie

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