Côte d’ivoire : Qui joue avec les nerfs de l’armée de Ouattara
En 48 heures, (samedi à lundi dernier), un commando sans visage a pu infliger de lourdes pertes en vies humaines dans les rangs des Forces républicaines à Abidjan.

Le bilan donne froid dans le dos : dix militaires tués et six autres blessés sur deux sites (Yopougon et le camp militaire d’Akouédo). Du Côté des assaillants, on annonce un seul mort. Le ministère de la défense dans un communiqué rendu public, hier lundi, évoque « des actes criminels qui visent à saboter la fête de l’indépendance, célébrée ce jour même». Dans son discours à la nation prononcé la veille de la 52é anniversaire de l’indépendance, le président Alassane Ouattara a quant à lui circonscrit l’insécurité à des « poches résiduelles »
Mais de sources militaires, les assaillants (termes apparus en Côte d’Ivoire avec l’avènement de la rébellion en 2002 et qui se perpétue malheureusement) sont lourdement armés. Sur la question, il n’y a pas de doute qu’on ne s’attaque pas à des sites militaires, avec des armes d’appoint mais des armes lourdes. Comment les assaillants ont-ils pu se procurer ces armes et comment ont-ils pu opérer aussi facilement pendant 48 heures en plein cœur de la capitale économique de la Côte d’Ivoire sans éveiller le moindre soupçon des services de renseignement généraux ?
A ces interrogations, les autorités militaires évoquent une complicité au sein des Forces républicaines. Mais tout cela ne fait que corroborer la fragilité de la sécurité. L’armée en état d’alerte maximale depuis lundi, procède à des contrôles de véhicules et à des perquisitions dans certains sous-quartiers de yopougon et dans les environs du camp d’Akouédo.
Pour le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko, ces attaques sont l’œuvre des «pro-gbagbo» retranchés au Ghana. Mais une autre version se profile sur l’identité du commando sans visage. Selon des indiscrétions, les assaillants seraient d’anciens éléments des Forces républicains en rupture de banc avec l’armée sur les questions de leur intégration. Ceux qui soutiennent cette version à prendre avec des pincettes pour l’heure, s’appuient sur les méthodes d’attaques des assaillants. « Ils ne s’attaquent qu’à des sites militaires et frappent avec précision », commente une source militaire. D’aucuns parlent même d’anciens compagnons du général Ibrahim Coulibaly …
ÉCRIT PAR JEAN FRANÇOIS FALL
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