Akouédo, Yopougon, Abengourou: Voici les identités des assaillants


Je sais que vous avez tout de suite cliqué en voyant ce titre. Vous êtes sous le choc, ou dans la crainte de voir resurgir le cauchemar de l’année passée. Voilà je vous donne des noms:

 

Sangaré,Kouamé,Digbeu,Lobognon,Ekra,… Je ne peux pas donner toute la liste… il y a 21000000 de personnes à citer.

Oui, 21 000 000!

De 1999 à ce jour, combien sont morts? Le savez vous? Avez vous vraiment cherché à le savoir?

Posez vous cette question tant que votre conscience refusera d’y répondre.

Hier on a compté : près de 3000 morts. Peut être 3001 : on dit 3000 parce que c’est simple n’est ce pas?

Un de plus ou de moins?Et si le « 1″ c’était votre meilleur ami, votre frère, votre soeur …

Pourquoi je vous dis cela ? Parce que pour moi chaque mort compte (Et je sais heureusement que je ne suis pas le seul).

Pourquoi je vous dis cela ? Pour tenter de vous faire part de ma douleur.

Chaque ivoirien qui meurt aujourd’hui par les armes est un couteau qu’on nous plante dans le dos.

Quelque soit son bord. Quelque soit son parti. Quelque soit son ethnie.

Je sais que cette folie meurtrière dans laquelle nous sommes tombés, sera difficile à guérir.

Et je sais aujourd’hui pourquoi.

Combien de personnes ont fait, font ou feront une action PERSONNELLE pour la paix en Côte d’Ivoire?

Je ne vous parle pas de réconciliation. Mais de PAIX.

- Jean!

Oui toi Jean qu’as-tu fait depuis la fin de la crise post-électorale? Ne baisse pas les yeux, s’il te plaît.

- Où vas-tu Sékou? Reste! je te pose la même question.

- Ne te cache pas Lago, tu n’es pas le seul à avoir honte de la réponse…

Nous avons tous cette honte.

Ce qui s’est passé ne se passera plus? Vous en êtes sûrs?Vraiment?

Maintenant vous comprenez pourquoi je m’adresse à vous… à nous.

La paix est plus difficile à avoir que la guerre: il suffit de très peu pour créer un climat d’insécurité.

Il suffit de presque rien… Ceux qui s’intéressent à l’histoire des peuples le savent.

Alors, que faire?

Ne me posez pas cette question, posez la à vous même. La mienne je m’en charge, je me la pose déjà.

Face à la paix, nous réagissons comme nous le faisons pour nos espaces publics:

ce n’est pas à nous de boucher le trou qui est sur la route.

On le contourne et on attend que la mairie ou l’état vienne le faire: après tout ce n’est pas notre maison, non?

Même si dans ce trou par temps de pluie,  un jour, notre enfant tombera.

La paix? Ou son faux synonyme, la réconciliation?

Semblable au trou de la route, on attend que Banny, ou son fils, ou sa soeur voire Ouattara ou son frère vienne pour la réparation.

On attend. On vaque. On avance… ou on croit avancer…

Ecoutez, chers Ivoiriens: il y a un trou béant creusé au milieu de la route de la paix!

Cessons de le contourner. Allons chercher les pelles, allons chercher les graviers et tout ce qu’il faut pour boucher ce trou.

Aujourd’hui il goutte, n’attendons pas que l’orage éclate.

Vous voulez la paix? Montrez le!

Sortez dans les rues, marchez. Exigez la!

Vous voulez la paix?

Sortez dans les rues, chantez!

Des chants de paix: l’Abidjanaise est parfaite pour cela.

Vous voulez la paix?

Quand vous sortirez dans la rue la prochaine fois, attachez autour de votre poignet un brassard blanc.

C’est une idée comme ça…une idée…parmi des milliards que vous n’avez pas cherchées.

Je suis sûr que vous trouverez des idées mille fois mieux!

Votre pays vous mérite, méritez le.

Lisez haut et fort les phrases qui suivent:

J’ai perdu mon frère, mais je ne veux pas qu’il soit vengé

J’ai perdu ma fille, mais je ne veux pas qu’elle soit vengée

J’ai perdu ma mère, mon père,sa soeur mais je ne veux pas qu’ils soient vengés.

Ne soyez pas tués en mon nom.

Et surtout, par-dessus tout :

Ne tuez pas en mon nom.

Que reposent en paix les militaires morts ce jour. Que reposent en paix les tués du camp de refugiés.

Que reposent en paix TOUS les morts de la Côte d’Ivoire.

Que vivent en paix TOUS les Ivoiriens.

 

 


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