Ahoua Don Mello parle du verdict des urnes, et de la réconciliation

Don Mello Ahoua Don Mello parle du verdict des urnes, et de la réconciliation

Note : L’article original provient du quotidien Soir Info. La mise en forme ainsi que la typographie sont de CIVVR pour tenter de mettre en avant certaines assertions jugées de nature à rendre plus « lisible » l’article.

Porte-parole du défunt gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello est sorti de sa réserve, hier mercredi 3 août 2011 à travers un document que nous publions. L’ex-Directeur général du Bnetd et ministre de l’Equipement et de l’Assainissement sous le président Gbagbo revient sur les résultats des élections présidentielles. Il donne aussi sa vision de la réconciliation nationale

La vérité des urnes

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire, a été vécue de manière très douloureuse par les Ivoiriens, chacun selon ses raisons.

C’est pour cela que je tiens publiquement à exprimer toute ma compassion à tous ceux qui en ont souffert et qui souffrent encore.

Notre compassion serait vaine si ces souffrances devaient se répéter un jour, car nous ne sommes pas à notre dernière élection ni à notre dernière crise électorale. Alors pour inhiber toutes les formes de ressentiment, seuls

  • la découverte de la vérité des urnes du 28 novembre,
  • l’examen des problèmes qui se sont posés
  • et les dispositions à prendre pour éviter les crises, ou si elles surviennent, les dispositions à prendre pour les résoudre pacifiquement,

peuvent nous permettre de soigner nos douleurs et construire notre nation en faillite.

S’attaquer aux effets en ignorant la cause de la crise serait une erreur de méthode, car cela ne nous met pas à l’abri d’une autre crise, les mêmes causes produisant les mêmes effets. La grande bataille que nous devons livrer pour asseoir durablement la démocratie est la bataille contre la fraude électorale qui s’est révélée endémique dans les conditions des élections de 2010. C’est dans ce seul but que, prenant acte de la faillite de la commission Electorale Indépendante (CEI) à proclamer les résultats des élections dans les délais prescrits par le code électoral et l’imposture de son président Monsieur Youssouf BAKAYOKO, à proclamer hors délai les résultats du 2ème tour d’une élection présidentielle au quartier général de campagne d’un des candidats sans procès verbal signé de tous les membres de la commission centrale.

Prenant aussi acte de l’attitude incongrue du conseil constitutionnel à proclamer deux présidents pour une seule élection, pendant deux mois, à raison de 15 heures par jour, je me suis évertué à passer en revue les 19 041 procès verbaux (PV) issus des élections du 28 novembre 2010 pour asseoir mon intime conviction sur les élections de 2010.

Les résultats que je vais livrer sont édifiants. Mais le travail étant fait par le militant du Front Populaire Ivoirien que je suis, toute suspicion serait certainement légitime.

C’est pour cela, mon souhait le plus cher serait que chaque personne physique ou morale (ONG, Association, etc.) à la quête de la vérité des urnes du 28 novembre puisse refaire le même exercice. Cela suppose que l’ONUCI accepte de mettre à la disposition du public l’ensemble des procès verbaux qu’elle détient et que la SAGEM ou la CEI puisse mettre à disposition le répertoire des bureaux de vote. Pour ma part je suis prêt à le faire.
Mais la crédibilité des PV et du répertoire sera d’autant plus grande que si la source est onusienne bien que dans ce conflit son impartialité soit douteuse. Les procès verbaux qui m’ont servi de base de travail sont ceux remis au représentant du facilitateur et à l’ONUCI.

Les procès verbaux examinés par l’ONUCI sont de trois sources :

  • PV originaux remis par la CEI au représentant spécial du facilitateur dans les sacs scellés (18433 PV exploitables)
  • PV numérisés et transmis par SILS non compris parmi les 18 433 exploitables ci-dessus (548 PV supplémentaires)
  • PV annoncés publiquement par la CEI pour l’étranger (60 PV supplémentaires)

Cela fait au total 19 041 procès verbaux (PV) sur 20 073 bureaux de vote (BV) soit 1032 PV manquants non transmis à la CEI centrale par les commissaires électoraux. Car chaque bureau de vote doit remettre obligatoirement un PV.

Les 19 041 PV correspondent à 5 418 833 inscrits sur un total de 5 725 722 électeurs.

Il serait important, dans le cadre de la recherche de la vérité sur les élections de 2010 que l’on étudie le sort des 1032 PV manquants et l’on situe les responsabilités car il s’agit du droit de vote de 306 889 électeurs pouvant induire une erreur de 7 points sur le résultat de chaque candidat.

Les 19 041 PV, au cours de l’exercice que j’ai effectué, ont été classés en deux
catégories. Les PV frauduleux et les PV d’apparence non frauduleux.

J’ai classé dans la catégorie des PV frauduleux ceux présentant les caractéristiques suivantes et donc ne satisfaisant pas les critères définis par la CEI :

  • Les PV sans sticker car la commission électorale indépendante a remis à chaque bureau de vote un sticker pour authentifier le procès verbal. L’absence du sticker invalide le procès verbal selon les règles de la CEI ;
  • Les PV fictifs car ayant un lieu de vote non renseigné ou le lieu de vote renseigné sur le PV ne correspond à aucun lieu figurant sur le répertoire des lieux et bureau de vote ;
  • Les PV dont le nombre de voix par candidat n’a pas été renseigné ou illisibles ;
  • les PV dont le nombre de suffrages exprimés additionné au nombre de bulletins nuls est supérieur au nombre de votants. J’ai éliminé ces PV car tout se passe comme si les bulletins de vote se sont multipliés dans l’urne ;
  • Les PV dont le nombre de votants est supérieur au nombre d’inscrits de plus 18, car la règle établie par la CEI ne tolère pour chaque bureau de vote qu’un maximum de 18 votants supplémentaires au nombre d’inscrits. Cela pour permettre à ceux qui sont en mission et autres déplacés de pouvoir voter ;
  • Les PV dont la somme du nombre de voix pour les deux candidats diffère du nombre total de suffrages exprimés ;
  • Les PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas.

Les cas de fraude les plus significatifs sont repartis comme suit :

  • Nombre de PV fictifs : 2 090
  • Nombre de PV sans sticker : 1 320
  • Nombre de PV avec un nombre de votants non inscrits supérieur à 18 : 97
  • Nombre de PV dont le nombre de suffrage exprimé est supérieur au nombre de votant : 66
  • PV dont la somme des suffrages exprimés par les deux candidats est supérieur au suffrage exprimé : 31

Soit au total 3 604 PV hormis les fraudes mineures. Les 3 604 PV représentent 1 069 285 voix.

J’ai considéré comme valides les PV dont l’un des candidats n’a pas de représentants, même si cela s’est abondamment produit dans la quasi-totalité des bureaux de vote de la zone sous contrôle de la rébellion où le candidat Laurent GBAGBO n’avait aucun représentant.

Suite: http://verite-reconciliation.org/ahoua-don-mello-verdict-urnes-reconciliation/2/

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