AFFAIRE KRAGBE GNAGBE

 AFFAIRE KRAGBE GNAGBEL’avènement du cinquantenaire de notre pays a été l’occasion pour certains journaux de faire une incursion dans le passé récent de notre chère Côte-d’Ivoire. Notre souci permanent d’approcher petit à petit de la vérité, nous commande de tenir compte des écrits des uns et des autres. Nous nous abstiendrons donc pour le moment de commenter mais plutôt de collecter les informations sur ce douloureux épisode de histoire. Le quotidien Le Temps dans son édition n° … du ……2010 a  publié une interview fort enrichissante de sur l’affaire KRAGBE GNAGBE.

Tragédie dans le Guébié en 1970

Un proche de Krabgé Gnagbé enfonce Ouassenan Koné et le Pdci

« Le général est hanté par le sang versé du génocide Guébié »

 

gbaboue joseph AFFAIRE KRAGBE GNAGBE

Retranché à Payopa, village situé à 21 Km de Gagnoa pour les travaux champêtres, Gbaboué Leplehon, 86 ans, compagnon de Kragbé Gnagbé, père fondateur du parti nationaliste ivoirien sort de son mutisme. Dans cet entretien, il a fustigé les dérives du général Ouassenan Koné.

 

Présentez vous aux lecteurs ?

Je me nomme Gbaboué Leplehon Joseph, je suis né vers 1924. a la suite des évènements dans le Guébié, j’ai été fait prisonnier du 14/08/ 1974 et relâché le 13 octobre 1975. Les accusations retenues sont meurtre, assassinat, complicité, actes et M…

J’étais parmi les personnes qui devraient être exécutées dans la fosse commune de Dioulabougou (Gagnoa). Heureusement pour moi, pendant qu’on nous exécutait. J’ai eu une balle dans le ( il nous montre le pied) et je me suis fais passer pour mort en me jetant dans la fosse ou il y avait déjà des cadavres. Les morts qui suivaient tombaient sur moi. Après que les militaires soient partis,  j’ai pris le large et me suis rendu à l’hôpital de Gagnoa.

 

Quels sont vos rapports avec Kragbé Gnagbé ?

J’étais avec lui dans sa cachette au pied de la montagne de Bobia. J’étais son chargé de mission. C’est moi qu’il envoyait un peu partout, acheter sa cigarette et bien d’autres choses. Je me rappelle qu’une fois, il m’avait envoyé chercher de la cigarette en cours de route j’ai rencontré une panthère. Je n’ai pas eu peur je me suis amusé avec elle. Quand je suis revenu lui faire sa commission, il s’est mis à me sourire et m’a dit « Leplehon tu es un garçon » et je lui ai répondu que je savais que c’était lui. Pour dire qu’il n’était pas un homme simple.

 

Pour vous qui l’avez côtoyé, quel était le sens de son combat ?

Kragbé Gnagbé était revenu de la France avec un parti politique qui est le Pana (parti nationaliste). A travers ce parti, il aspirait à la présidence de la république de Côte-d’ivoire par les urnes de manière démocratique par le respect de la constitution. Il a convaincu par l’idéologie du Pana. Le cacao et le café ne coûtaient rien. Nous les paysans souffrons. On ne se retrouvait plus. Son combat était noble. C’est pourquoi nous étions autour de lui. Il voulait d’une politique économique et sociale plus lisible avec la large participation des masses rurales et citadines. Aussi, il promit organiser l’armée pour sécuriser le libéralisme économique.

 

Etes vous certain, que ce sont ses raisons qui ont suscité la colère de ses bourreaux ?

En plus d’être venu avec ses idéologies, Kragbé avait dans sa valise 4 drapeaux de son parti. Il s’est ensuite rendu auprès de son père qui vivait à Fresco avant de regagner Sassandra. Lorsqu’il a voulu débuter la politique dans cette zone ses parents lui on suggéré d’aller le faire à Gagnoa. Puisqu’ils sont des allogènes. Quand Kragbé est arrivé chez lui, il a séduit les populations. Un jour, il nous a demandé si nous étions des « garçons » parce que le combat allait prendre une autre allure. Il nous a dit que si nous réussissions à planter les drapeaux du PANA, on ne devait pas nous tuer. Puisque dans la loi lorsqu’on hisse un drapeau on ne doit pas tirer sur vous. C’est ainsi que nous avons mis un devant la cour de feu Gadou Jérôme, devant la gendarmerie, un autre à Dioulabougou enfin un devant la sous préfecture de Gagnoa. Les drapeaux sont restés pendant une semaine. C’est après que brusquement l’armée est venue assouvir ses sales besognes. Nous avons été arrêtés. Beaucoup ont été tués et jetés dans les fosses communes. Il y avait trois fosses communes, une à Dioulabougou, au centre ville derrière l’immeuble Ezzedine et une à Gnagbodougnoa.

 

Certains de ceux qui avaient à l’époque la charge des opérations nient aujourd’hui avoir été sur le terrain et même plus grave les chiffres officiels des tués ?

Nous voulons une confrontation avec le général Ouassenan Koné. C’est un gros mensonge. Il était sur le terrain. C’est lui le principal commanditaire des massacres de Bété. Il a été détaché à Gagnoa pour ça sous la bénédiction du Pdci. Je le dis et confirme j’ai vu Ouassenan Koné à Gagnoa donner des ordres aux militaires. S’il peut compter les cheveux de sa tête, il pourra nous donner le nombre de personnes tuées. C’est parce qu’il a peur. Le général est hanté par le sang versé du génocide Guébié.

 

Aujourd’hui la page est tournée avec l’appel au pardon du président Gbagbo. Qu’avez-vous à dire ?

Sincèrement, je suis très heureux que le président Laurent Gbagbo, fils de Gagnoa soit au pouvoir. C’est la joie de tous les martyrs des événements de 1970. Nous l’avons précédé dans le combat avec Kragbé Gnagbé et nous nous reconnaissons en lui mais je lui demande de regarder dans le rétroviseur. Pour ne pas que le lutte que nous avons menée soit vaine.

 

Charlemagne 1er

Correspondant régional

Source: http://newsdegozo.ivoire-blog.com/archive/2010/08/10/affaire-kragbe-gnagbe.html

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