Affaire Guébié/ Ouassénan : Où est Kragbé Gnagbé ?

ouassena Affaire Guébié/ Ouassénan : Où est Kragbé Gnagbé ?jeudi 25 mars 2010 – Par Le Temps

Alors que les Ivoiriens avaient fini par oublier l’affaire Kragbé Gnagbé, le Général Ouassénan Koné a jugé utile de relancer le débat. Dans une interview fleuve accordée hier, à un confrère de la place le metteur en scène et acteur principal du film sur le génocide des Guébié dit ce qu’il croit être sa part de vérité. Pourtant…

 

« C’est faux de dire que j’ai tué. Les gens ne savent pas comment fonctionne une opération militaire. Le Commandant du détachement n’est pas sur le terrain avec ses hommes. Il se trouve dans son quartier général. Donc moi, en tant que Commandant opérationnel, j’étais dans une salle devant mes cartes de la zone de Gagnoa et mes éléments m’appelaient pour me rendre compte et recevoir mes ordres. J’attends toujours la plainte contre moi, pour ce crime qui n’a jamais existé « .

C’est en ces termes que le Général Ouassénan Koné tente de se défendre dans l’affaire Kragbé Gnagbé où il est cité depuis des décennies comme étant le principal auteur des massacres dans le Guébié. Dans ses explications, le vice-président du Pdci va jusqu’à nier le chiffre de 4000 morts annoncés à l’époque par Houphouët-Boigny, le Président de la République au moment des faits.

Selon lui, et s’appuyant sur le livre d’un certain chercheur fils du Guébié, le vrai chiffre serait de 71 morts.

Remettant ainsi en cause celui de son ancien patron qui, malheureusement n’est plus de ce monde des vivants pour repréciser les choses. Cela peut se comprendre aisément parce qu’à la lecture de son interview, on se rend bien compte que Ouassénan semble être hanté jusque-là par ces morts dont il minimise aujourd’hui, le nombre. Il veut se confesser pour libérer sa conscience. Mais il s’y prend mal.

Sinon, comment comprendre une telle réaction quand du vivant d’Houphouët-Boigny, il n’a pas eu le courage de contester le chiffre des 4000 morts. Le débat sur le massacre des Guébié ne date pas d’aujourd’hui. Et ça, Ouassénan le sait très bien. Mais au-delà de ce qu’il raconte sur les chiffres et que l’on considère comme des élucubrations puériles, plusieurs questions se posent au Général Ouassénan, qui reconnait effectivement qu’il était le Commandant opérationnel de la zone de Gagnoa.

La première de ces questions fondamentales, c’est celle de savoir où se trouve Kragbé Gnagbé.

  • Peut-il dire aujourd’hui, aux Ivoiriens que Kragbé Gnagbé est vivant ?
  • S’il l’est, dans quel village de Côte d’Ivoire ou dans quel pays vit-il ?
  • S’il est mort qu’il ait également le courage de le dire, d’en indiquer les causes et sa sépulture au peuple ivoirien.

Il devra aussi indiquer le nom de celui qui l’a tué. Les observateurs ont besoin de le savoir surtout que certains sachants affirment que Kragbé Gnagbé aurait été tué de deux balles par ceux qui le transféraient à la prison de Dimbokro. Si ce n’est pas Ouassénan lui-même, des détails sont attendus sur les noms de ces hommes. En lieu et place des spéculations puériles, l’on voudrait des réponses claires et précises sur les questions posées. Ouassénan Koné qui n’est pas n’importe quel témoin dans l’affaire, doit se faire le devoir de prendre l’opinion nationale et internationale au sérieux.

  • Que cherchait l’armée à Gagnoa ?
  • La Côte d’Ivoire était-elle en guerre contre cette région au point d’y déployer un Commandement d’opération ?
  • La région de Gagnoa était-elle déclarée une zone de guerre ?

Ouassenan qui a enfin décidé de parler, doit des explications précises aux Ivoiriens afin de les situer. Concernant le livre qui sert de référence à Ouassénan, la manipulation est tout aussi grossière. S’il n’est pas le principal financier de l’œuvre, Ouassénan peut en être l’inspirateur. Parce qu’au cours d’une conférence de presse qu’il a animée au siège du Pdci à Cocody, il y a de cela 3 ans, Ouassénan avait annoncé sa sortie.

Comment peut-on annoncer la date de la naissance d’un bébé dont on n’est pas l’auteur de la grossesse ?

S’il est vrai d’après la Bible, que, c’est l’ange Gabriel qui a annoncé la vue de Jésus-Christ à la Vierge Marie, il faut reconnaitre que le Général n’a pas ce pouvoir. Pour ce qui est de la plainte qu’il dit attendre du régime de Laurent Gbagbo sur cette affaire, il n’est pas inutile de rappeler à Ouassénan que Laurent Gbagbo n’est pas à ce niveau de réflexion qui consiste à remuer les couteaux dans la plaie. Et que c’est un chef d’Etat rassembleur, celui-là qui œuvre chaque jour que Dieu fait à la cohésion entre ses compatriotes.

En visite dans le Guébié, c’est lui Laurent Gbagbo qui, devant les fils et filles de Gagnoa a demandé à ses parents de tourner la page et de pardonner.

Pourquoi devrait-il faire fi de serment pour engager des plaintes contre un homme qui se trouve aujourd’hui, pris dans le piège de ses propres crimes ? Non, le Président de la République de Côte d’Ivoire n’a pas ce temps.

Pierre Legrand
Gbogoupierre@yahoo.fr

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