[-1]Mutilations féminines: repassage des seins au Cameroun

Massez ces seins qu’on ne saurait voir (La connerie humaine est parfois sans limites…)

Près de trois millions de Camerounaises sont victimes du repassage des seins. Un documentaire, présenté au Festival des films du monde de Montréal, livre des témoignages poignants de celles qui pratiquent cette forme de mutilation et celles qui la subissent.

seins [ 1]Mutilations féminines: repassage des seins au Cameroun

Dans un petit village camerounais, deux jeunes femmes ont décidé de briser la loi du silence. Assises dans la cour de leur modeste maison, Lydie et Clarisse racontent pour la première fois les souffrances qu’elles ont endurées pendant de nombreuses années.

«Ma mère a dit qu’il fallait rentrer les seins, explique l’une des deux. Elle a donc chauffé une pierre à écraser et m’a massé les seins avec.»

Face caméra, elle n’hésite pas à reproduire le geste et à montrer sous sa belle robe à fleurs, sa poitrine meurtrie et désormais sans forme: «Cela chauffait, cela faisait très mal, c’est comme si on avait mis du feu et du piment en même temps.» Une mutilation subie dès l’âge de 10 ans et qui était répétée chaque semaine.

Son amie ravale ses larmes. La torture a cessé, mais les conséquences sont bien visibles. Pendant longtemps on l’a surnommée «la girafe qui n’a pas de seins». Aujourd’hui, elle a toujours du mal à se montrer nue devant un homme. Ces jeunes filles de vingt ans porteront toujours les marques de cet «écrasement de la boule». Leurs mères ont voulu les protéger des regards des hommes, de ce désir qui naît dès que les fillettes commencent à être des femmes, de ces violences sexuelles qui sont répandues au Cameroun. Ces blessures ont pourtant été inutiles. En pleurs, Lydie et Clarisse confient qu’elles ont quand même été violées à l’adolescence.

Le tabou du sexe

La réalisatrice Josza Anjembe a entendu parler de cette pratique à des milliers de kilomètres du Cameroun, en France. Née à Paris de parents Camerounais, elle s’est tout de suite identifiée à ces victimes:

«Cela me touchait en tant que femme et en tant que franco-camerounaise. J’aurais pu être l’une des ces femmes. J’ai eu de la chance, car j’y ai échappé.»

La jeune journaliste de 29 ans est partie seule dans son pays d’origine pour tenter de comprendre l’impensable. Dans son premier documentaire, Massage à la camerounaise, elle a choisi de donner la parole aux filles mais aussi aux mères. Le film a été présenté au Festival des films du monde de Montréal.

Dans sa cuisine rudimentaire, Philomène raconte en détails comment à l’aide d’une louche, d’une spatule ou encore d’une pierre à moudre le grain, elle écrase les seins de sa fille: «Il faut que cela brûle». Entre deux éclats de rire, cette femme très coquette ne semble pas saisir les dommages psychiques et physiques qu’elle inflige à son enfant: absence de glande mammaire, futur problème d’allaitement ou même risque plus important de contracter un cancer du sein. Le sourire aux lèvres, elle le répète, elle ne fait pas du mal, mais du bien. Elle veut éviter que sa fille tombe enceinte trop jeune.

«Leur mère et leur grand-mère ont utilisé cette pratique. Elles pensent qu’elles n’en sont pas mortes et que leur filles vont aussi y survivre», explique la réalisatrice.

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